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Vue sur la mère, de Julien ALMENDROS

Vue sur la mère

 

« Ma mère a simplement demandé au proviseur d’exclure tous les fautifs et aurait bien volontiers veillé à titre personnel à ce que tous les complices soient envoyés dans des lycées différents. Aux quatre coins de la région. »

Un petit livre. Le récit d’une relation. Le récit d’une difficile émancipation.

Le ressenti d’un enfant, d’un adolescent puis d’un adulte, dans sa relation avec sa mère.

Un récit lourd de sens & chargé d’émotions divergentes : l’on sent que l’auteur n’est pas guéri de son histoire.

Chacun sera marqué différemment par ce livre. L’identification sera à des degrés différents. Personnellement, le décor imaginaire de ce récit se déroulait chez mes parents. Un écho fort donc mais, de façon surprenante, au son bien différent. Pas d’émotion particulière ressentie hormis l’empathie, un sentiment de déjà-vu.

A lire, pour ceux à qui ce petit livre permettra de se sentir moins seuls dans leurs rapports à leur mère.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 
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Publié par le 19 mai 2017 dans Autobiographie

 

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Les Rêveurs lunaires, de Cédric VILLANI & Edmond BAUDOIN

Les rêveurs lunaires

 

« Croyants ou non croyants, courageux ou lâches, chanceux ou malchanceux, vainqueurs ou perdants, tous sont maintenant retournés à la poussière »

Quatre génies. Trois scientifiques, un militaire.

Un contexte : la seconde Guerre mondiale.

Un point commun : des acteurs autant cruciaux que discrets, prenant part à une aventure qui, bien malgré eux, les dépassait.

Werner Heisenberg, Alan Turing, Léo Szilard & Sir Hugh Dowding.

Le 1er et le troisième sont étroitement liés à la bombe atomique, d’un côté belligérant et de l’autre. Le second est de plus en plus connu pour son rôle clé joué dans le cryptage des informations et surtout pour le décryptage, savamment maintenu secret, de la fameuse Enigma. Le dernier, le militaire anglais, est celui qui, coûte que coûte, contre vents et marées, aura tenu bon lors de la fameuse Bataille d’Angleterre.

La très grande force de ce livre est qu’on l’avale d’une traite et que l’on ressort de cette lecture avec l’impression d’être un savant inouï. On fait immédiatement confiance à la précision et rigueur de Cédric Villani et l’on sait très bien que tous les faits qu’il relate dans cette œuvre ont été soigneusement vérifiés, contre vérifiés et doublement inspectés. On se plonge également immédiatement dans les formidables dessins de Baudoin, sombres mais enivrants, flous mais d’une justesse folle.

Apprendre & découvrir par le biais d’un génie scientifique lui-même et d’un dessinateur français hors pair confère une note toute particulière à cette BD-récit.

Lorsque l’on repose le livre. On n’a qu’une hâte, aller se coucher et rêver être à la place de ces 4 génies et d’imaginer, en toute humilité, quelles auraient été les décisions que l’on aurait prises à leur place.

En somme, un regard nouveau et didactique sur l’Histoire et une véritable leçon d’humilité.

Merci messieurs.

Finem Spicere

Monsieur Touki

 

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Harry Potter et l’Enfant maudit, de J.K ROWLING, Jack THORNE & John TIFFANY

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« Il est temps que remonter le temps devienne une chose du passé »

Cela faisait quelques temps que je résistais à l’envie de lire ce livre. Etant dans un doute inconfortable au sujet de ses créateurs et ne voulant absolument pas être déçu, j’avais jusqu’alors obstinément refusé de le lire.

Puis vient l’annulation d’un vol Air Canada et son report au lendemain. Le soir, en mangeant un repas digne d’un 3 étoiles à l’Ibis budget de Roissy CDG, je rencontre un couple très sympathique et ne me demandez pas pourquoi, nous venons à parler d’Harry Potter. La jeune femme est une passionnée invétérée de cette saga et la lit chaque année, ayant à chaque fois l’impression de retrouver des amis.

Intrigué par tant de passion, je la questionne sur la pièce de théâtre -écrite/co-écrite?- nouvellement sortie. Après en avoir parlé pendant environ une heure et demie, je me décide à le lire.

Le lendemain, dans l’avion, bim bam boum, avalé : le livre.

Quel bonheur de retrouver tous ces joyeux fanfarons sous de nouvelles perspectives. Quelle joie immense de pouvoir de nouveau penser à la place de ces personnages. Quel délice de pouvoir tester à nouveau le Polynectar.

Que de chouettes choses au final. Quelques minis frustrations certes… certains passages ne sont pas assez touffus. Mais pour une pièce de théâtre, on a bel et bien l’impression de lire un roman.

En un mot : extraordinaire.

Finem Spicere,

Monsieur Touki

PS : ah oui, et pour les auteurs, JK Rowling a pris une part prépondérante dans le scénario et l’écriture. Seule la mise en scène a été principalement (et logiquement) réalisée par Jack Thorne et John Tiffany. Ouf, fin du suspense.

 

 

 

 

Comme un chant d’espérance, de Jean d’ORMESSON

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« L’apparition de la pensée est à coup sûr l’événement le plus important de l’histoire de l’univers depuis sa sortie du néant. On dirait que le monde est créé pour la seconde fois. »

Jean d’Ormesson voulait écrire, comme l’a fait Flaubert avec Un coeur simple, un livre sur rien. Si l’on peut considérer l’entreprise audacieuse, voire arrogante en comparaison avec Flaubert, elle demeure intrigante. C’est bien pour cette raison que j’ai acheté ce livre et en ai commencé sa lecture.

L’approche est scientifique. Avec ses mots de profane, l’auteur tente d’expliquer l’origine du tout pour mieux cerner le rien. L’approche vire rapidement au mystique et Dieu devient le centre de l’oeuvre.

On lit sans faim en attendant la fin. La sensation de vide et donc de rien se fait très vite ressentir. L’effet est – pour cet aspect – réussi.

Cependant, certains passages dénotent maladroitement. Le style est faussement humble. La masturbation intellectuelle finit par poindre et le plaisir de lecture s’estompe assez vite.

Dommage. L’approche de Jean d’Ormesson était singulièrement différente de celle de Flaubert ; le résultat est selon moi, bien moins convaincant.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 
 

GARCÍA MÁRQUEZ, Gabriel (1927-2014)

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« J’ai l’impression, qu’en m’attribuant le prix, qu’ils ont tenu compte de la littérature du sous-continent américain et, que ce faisant, ils cherchaient à récompenser toute la littérature de cette région. »

GGM, après avoir reçu le Nobel de littérature en 1982

 

I) L’homme

  • Naissance en Colombie, à Aracataca
  • Aîné de onze enfants
  • Elevé par ses grands-parents maternels, dont son grand-père, militaire
  • Sa mère est absente
  • Proche de son grand-père dont il a beaucoup appris (Papalelo)
  • Inspiré par les histoires de revenants de sa grand-mère
  • Obtient son baccalauréat en étudiant à l’internat
  • Etudiant en droit à 20 ans
  • Journaliste à « l’heraldo de Baranquilla »
  • Découverte et inspiration de Faulkner, Joyce, Hemingway, Woolf et Kafka
  • Voyage à Genève et Rome à 28 ans
  • Paris par après
  • Voyages en Allemagne de l’Est, Union soviétique, Hongrie et séjour à Londres (1958)
  • Retour en Colombie
  • Ouvre une agence d’informations « Prensa latina » d’où il travaille depuis Cuba et NYC
  • S’installe par après à Mexico où commence la rédaction de Cent ans de solitude
  • Va vivre à Barcelone 6 ans, à 40 ans
  • En 1981, obtient la légion d’honneur en France par François Mitterand
  • En 1982: Prix Nobel de littérature.
  • Exilé de Colombie, il s’installe quelques années au Mexique
  • 1999 : cancer lymphatique dont il parvient à guérir
  • Il écrit floraison de livres jusqu’en 2010, dont le polémique Mémoire de mes putains tristes en 2004
  • 2012, il perd peu à peu la mémoire
  • 2014, décède à son domicile à Mexico le 17 avril

 

II) L’oeuvre

Romans

  • 1955 – Des feuilles dans la bourrasque
  • 1961 – Pas de lettre pour le colonel
  • 1962 – La Mala Hora
  • 1967 – Cent ans de solitude
  • 1975 – L’Automne du patriarche
  • 1981 – Chronique d’une mort annoncée
  • 1985 – L’Amour aux temps du choléra
  • 1986 – L’Aventure de Miguel Littín, clandestin au Chili
  • 1989 – Le Général dans son labyrinthe
  • 1994 – De l’amour et autres démons
  • 1997 – Journal d’un enlèvement

Nouvelles

  • 1962 – En este pueblo no hay ladrones
  • 1962 – Les Funérailles de la Grande Mémé
  • 1972 – L’Incroyable et Triste Histoire de la candide Eréndira et de sa grand-mère diabolique
  • 1992 – Douze Contes vagabonds
  • 2004 – Mémoire de mes putains tristes

Autres

  • 1970 – Récit d’un naufragé
  • 1982 – Une odeur de goyave
  • 2002 – Vivre pour la raconter

 

III) La pensée, ses idées

Journaliste et reporter naturel, il n’aura de cesse de s’intéresser, probablement de s’indigner mais surtout de retranscrire ses ressentis sur l’actualité latino-américaine dans son oeuvre.

« Je suis un romancier, disait-il, et nous, les romanciers, ne sommes pas des intellectuels, mais des sentimentaux, des émotionnels. Il nous arrive à nous, Latins, un grand malheur. Dans nos pays, nous sommes devenus en quelque sorte la conscience de notre société. Et voyez les désastres que nous provoquons. Ceci n’arrive pas aux Etats-Unis, et c’est une chance. Je n’imagine pas une rencontre au cours de laquelle Dante parlerait d’économie de marché. »

D’influence et finalement de conviction communiste, il soutient et affiche publiquement son admiration pour le régime cubain de Fidel Castro. Il s’oppose à l’impérialisme américain, ce qui lui vaut par ailleurs d’être boycotté et surtout privé de visa pendant un certain temps.

Opposé au capitalisme libéral, il milite ardemment pour la paix en Amérique Latine et s’indigne des nombreuses dictatures présentes sur le continent.

Au delà de la politique et de la mythologie, Garcia Marquez n’aura jamais cessé d’élaborer un immense discours sur la mort et sur la solitude, que ce soit dans Les Funérailles de la Grande Mémé, L’Automne du patriarche, Chronique d’une mort annoncée et, bien entendu, Cent ans de solitude qui porte sur la fin d’une dynastie et d’une civilisation. « Je pense évidemment à la mort », avait-il déclaré. « Mais peu, aussi peu que possible. Pour en avoir moins peur, j’ai appris à vivre avec une idée très simple, très peu philosophique : brusquement tout s’arrête et c’est le noir absolu. La mémoire est abolie. Ce qui me soulage et m’attriste, car il s’agira là de la première expérience que je ne pourrai pas raconter. »

 

 

 

 

 

Congo Inc., de In Koli Jean BOFANE

Congo Inc.

 

« Chance eloko pamba »

C’est par cette phrase énigmatique, en congolais, qu’In Koli Jean Bofane me répond quand je lui demande la sensation, le sentiment qu’il avait éprouvé quand il a reçu le prix des 5 continents de la Francophonie en 2015 pour ce livre alors qu’il a éprouvé toutes ces « galères », meilleur terme que j’ai pu trouver pour synthétiser la vie, l’enfance de quelqu’un qui a connu la guerre.

Cette question m’avait trituré l’esprit pendant qu’il intervenait lors d’un événement organisé à Montréal par l’association Singa Québec qui aide à l’insertion des réfugiés dans la société québécoise. Mais je n’avais pas osé la poser en public. Sa voix, pourtant si gutturale, était restée silencieuse et il m’avait répondu cette phrase, après quelques mimiques de réflexion, en prenant sa plume et griffonnant l’ouvrage que je venais de lui acheter, à titre de dédicace.

Cet auteur s’exprime à l’oral avec peu de concession et utilise un langage acéré mais précis. L’on ressent un vécu intense ainsi que des cicatrices profondes et violentes mais qui ne parviennent pas à effacer la malice de son regard, la désinvolture plaisantine de son propos…

« La chance, c’est rien », voilà la traduction en français.

Cette phrase résume tout.

Cette phrase résume l’auteur, sa vision de la vie.

Cette phrase résume son livre, Congo Inc, dont elle est d’ailleurs un titre de chapitre.

Congo Inc. est un concentré d’émotions diverses et opposées, souvent juxtaposées pourtant. De l’effroi au rire, en une ligne. De l’attendrissement au dégoût, en une ligne. De l’horreur à l’humour noir, en une ligne.

Un sentiment étrange : celui du rire malgré tout. On est heureux de lire ce livre. le moment est agréable. Les critiques acerbes de personnes qui pourraient très bien être nous-mêmes, occidentaux, ne sont ni dérangeantes ni partagées. Elles sont objectives. Elles sont d’une froide réalité.

Le rire mène à l’espoir. On termine ce livre en étant convaincu, comme l’auteur probablement, que ce cirque – cette entreprise, à tous les sens du terme – doit et surtout peut s’arrêter très facilement. Rien ne sert de pleurer, de se lamenter, de s’apitoyer, d’accuser, d’avoir raison, de regarder le passé. Il convient de se (re)lever, de s’asseoir à la table, de discuter et de trouver des solutions : un plan d’action. Sérieusement. Sans africaniste mais avec des africains.

Monsieur In Koli Jean Bofane : bravo.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

PS : d’autres livres de cet auteur suivront.

 
 

Fêtes galantes – L’oeuvre manuscrite, de Paul VERLAINE

Fêtes galantes

« Quelle émotion que de retrouver la main vivante du poète ! » 

Lire Verlaine est magique. Alors lire l’écriture même de Verlaine….est ineffable.

Le mérite revient également à l’éditeur : Bibliothèque de l’Image.
Je m’y attarderai plus longuement dans un article que je leur consacrerai.

Le tout est élégant, épuré, le toucher est doux, la papier d’une bonne qualité. L’expérience est réellement unique, bien différent d’une édition classique dactylographiée.

Intéressant…

Finem Spicere,

Monsieur Touki

 

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