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Archives d’Auteur: finemspicere

Harry Potter et l’Enfant maudit, de J.K ROWLING, Jack THORNE & John TIFFANY

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« Il est temps que remonter le temps devienne une chose du passé »

Cela faisait quelques temps que je résistais à l’envie de lire ce livre. Etant dans un doute inconfortable au sujet de ses créateurs et ne voulant absolument pas être déçu, j’avais jusqu’alors obstinément refusé de le lire.

Puis vient l’annulation d’un vol Air Canada et son report au lendemain. Le soir, en mangeant un repas digne d’un 3 étoiles à l’Ibis budget de Roissy CDG, je rencontre un couple très sympathique et ne me demandez pas pourquoi, nous venons à parler d’Harry Potter. La jeune femme est une passionnée invétérée de cette saga et la lit chaque année, ayant à chaque fois l’impression de retrouver des amis.

Intrigué par tant de passion, je la questionne sur la pièce de théâtre -écrite/co-écrite?- nouvellement sortie. Après en avoir parlé pendant environ une heure et demie, je me décide à le lire.

Le lendemain, dans l’avion, bim bam boum, avalé : le livre.

Quel bonheur de retrouver tous ces joyeux fanfarons sous de nouvelles perspectives. Quelle joie immense de pouvoir de nouveau penser à la place de ces personnages. Quel délice de pouvoir tester à nouveau le Polynectar.

Que de chouettes choses au final. Quelques minis frustrations certes… certains passages ne sont pas assez touffus. Mais pour une pièce de théâtre, on a bel et bien l’impression de lire un roman.

En un mot : extraordinaire.

Finem Spicere,

Monsieur Touki

PS : ah oui, et pour les auteurs, JK Rowling a pris une part prépondérante dans le scénario et l’écriture. Seule la mise en scène a été principalement (et logiquement) réalisée par Jack Thorne et John Tiffany. Ouf, fin du suspense.

 

 

 

 

Comme un chant d’espérance, de Jean d’ORMESSON

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« L’apparition de la pensée est à coup sûr l’événement le plus important de l’histoire de l’univers depuis sa sortie du néant. On dirait que le monde est créé pour la seconde fois. »

Jean d’Ormesson voulait écrire, comme l’a fait Flaubert avec Un coeur simple, un livre sur rien. Si l’on peut considérer l’entreprise audacieuse, voire arrogante en comparaison avec Flaubert, elle demeure intrigante. C’est bien pour cette raison que j’ai acheté ce livre et en ai commencé sa lecture.

L’approche est scientifique. Avec ses mots de profane, l’auteur tente d’expliquer l’origine du tout pour mieux cerner le rien. L’approche vire rapidement au mystique et Dieu devient le centre de l’oeuvre.

On lit sans faim en attendant la fin. La sensation de vide et donc de rien se fait très vite ressentir. L’effet est – pour cet aspect – réussi.

Cependant, certains passages dénotent maladroitement. Le style est faussement humble. La masturbation intellectuelle finit par poindre et le plaisir de lecture s’estompe assez vite.

Dommage. L’approche de Jean d’Ormesson était singulièrement différente de celle de Flaubert ; le résultat est selon moi, bien moins convaincant.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 
 

GARCÍA MÁRQUEZ, Gabriel (1927-2014)

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« J’ai l’impression, qu’en m’attribuant le prix, qu’ils ont tenu compte de la littérature du sous-continent américain et, que ce faisant, ils cherchaient à récompenser toute la littérature de cette région. »

GGM, après avoir reçu le Nobel de littérature en 1982

 

I) L’homme

  • Naissance en Colombie, à Aracataca
  • Aîné de onze enfants
  • Elevé par ses grands-parents maternels, dont son grand-père, militaire
  • Sa mère est absente
  • Proche de son grand-père dont il a beaucoup appris (Papalelo)
  • Inspiré par les histoires de revenants de sa grand-mère
  • Obtient son baccalauréat en étudiant à l’internat
  • Etudiant en droit à 20 ans
  • Journaliste à « l’heraldo de Baranquilla »
  • Découverte et inspiration de Faulkner, Joyce, Hemingway, Woolf et Kafka
  • Voyage à Genève et Rome à 28 ans
  • Paris par après
  • Voyages en Allemagne de l’Est, Union soviétique, Hongrie et séjour à Londres (1958)
  • Retour en Colombie
  • Ouvre une agence d’informations « Prensa latina » d’où il travaille depuis Cuba et NYC
  • S’installe par après à Mexico où commence la rédaction de Cent ans de solitude
  • Va vivre à Barcelone 6 ans, à 40 ans
  • En 1981, obtient la légion d’honneur en France par François Mitterand
  • En 1982: Prix Nobel de littérature.
  • Exilé de Colombie, il s’installe quelques années au Mexique
  • 1999 : cancer lymphatique dont il parvient à guérir
  • Il écrit floraison de livres jusqu’en 2010, dont le polémique Mémoire de mes putains tristes en 2004
  • 2012, il perd peu à peu la mémoire
  • 2014, décède à son domicile à Mexico le 17 avril

 

II) L’oeuvre

Romans

  • 1955 – Des feuilles dans la bourrasque
  • 1961 – Pas de lettre pour le colonel
  • 1962 – La Mala Hora
  • 1967 – Cent ans de solitude
  • 1975 – L’Automne du patriarche
  • 1981 – Chronique d’une mort annoncée
  • 1985 – L’Amour aux temps du choléra
  • 1986 – L’Aventure de Miguel Littín, clandestin au Chili
  • 1989 – Le Général dans son labyrinthe
  • 1994 – De l’amour et autres démons
  • 1997 – Journal d’un enlèvement

Nouvelles

  • 1962 – En este pueblo no hay ladrones
  • 1962 – Les Funérailles de la Grande Mémé
  • 1972 – L’Incroyable et Triste Histoire de la candide Eréndira et de sa grand-mère diabolique
  • 1992 – Douze Contes vagabonds
  • 2004 – Mémoire de mes putains tristes

Autres

  • 1970 – Récit d’un naufragé
  • 1982 – Une odeur de goyave
  • 2002 – Vivre pour la raconter

 

III) La pensée, ses idées

Journaliste et reporter naturel, il n’aura de cesse de s’intéresser, probablement de s’indigner mais surtout de retranscrire ses ressentis sur l’actualité latino-américaine dans son oeuvre.

« Je suis un romancier, disait-il, et nous, les romanciers, ne sommes pas des intellectuels, mais des sentimentaux, des émotionnels. Il nous arrive à nous, Latins, un grand malheur. Dans nos pays, nous sommes devenus en quelque sorte la conscience de notre société. Et voyez les désastres que nous provoquons. Ceci n’arrive pas aux Etats-Unis, et c’est une chance. Je n’imagine pas une rencontre au cours de laquelle Dante parlerait d’économie de marché. »

D’influence et finalement de conviction communiste, il soutient et affiche publiquement son admiration pour le régime cubain de Fidel Castro. Il s’oppose à l’impérialisme américain, ce qui lui vaut par ailleurs d’être boycotté et surtout privé de visa pendant un certain temps.

Opposé au capitalisme libéral, il milite ardemment pour la paix en Amérique Latine et s’indigne des nombreuses dictatures présentes sur le continent.

Au delà de la politique et de la mythologie, Garcia Marquez n’aura jamais cessé d’élaborer un immense discours sur la mort et sur la solitude, que ce soit dans Les Funérailles de la Grande Mémé, L’Automne du patriarche, Chronique d’une mort annoncée et, bien entendu, Cent ans de solitude qui porte sur la fin d’une dynastie et d’une civilisation. « Je pense évidemment à la mort », avait-il déclaré. « Mais peu, aussi peu que possible. Pour en avoir moins peur, j’ai appris à vivre avec une idée très simple, très peu philosophique : brusquement tout s’arrête et c’est le noir absolu. La mémoire est abolie. Ce qui me soulage et m’attriste, car il s’agira là de la première expérience que je ne pourrai pas raconter. »

 

 

 

 

 

Congo Inc., de In Koli Jean BOFANE

Congo Inc.

 

« Chance eloko pamba »

C’est par cette phrase énigmatique, en congolais, qu’In Koli Jean Bofane me répond quand je lui demande la sensation, le sentiment qu’il avait éprouvé quand il a reçu le prix des 5 continents de la Francophonie en 2015 pour ce livre alors qu’il a éprouvé toutes ces « galères », meilleur terme que j’ai pu trouver pour synthétiser la vie, l’enfance de quelqu’un qui a connu la guerre.

Cette question m’avait trituré l’esprit pendant qu’il intervenait lors d’un événement organisé à Montréal par l’association Singa Québec qui aide à l’insertion des réfugiés dans la société québécoise. Mais je n’avais pas osé la poser en public. Sa voix, pourtant si gutturale, était restée silencieuse et il m’avait répondu cette phrase, après quelques mimiques de réflexion, en prenant sa plume et griffonnant l’ouvrage que je venais de lui acheter, à titre de dédicace.

Cet auteur s’exprime à l’oral avec peu de concession et utilise un langage acéré mais précis. L’on ressent un vécu intense ainsi que des cicatrices profondes et violentes mais qui ne parviennent pas à effacer la malice de son regard, la désinvolture plaisantine de son propos…

« La chance, c’est rien », voilà la traduction en français.

Cette phrase résume tout.

Cette phrase résume l’auteur, sa vision de la vie.

Cette phrase résume son livre, Congo Inc, dont elle est d’ailleurs un titre de chapitre.

Congo Inc. est un concentré d’émotions diverses et opposées, souvent juxtaposées pourtant. De l’effroi au rire, en une ligne. De l’attendrissement au dégoût, en une ligne. De l’horreur à l’humour noir, en une ligne.

Un sentiment étrange : celui du rire malgré tout. On est heureux de lire ce livre. le moment est agréable. Les critiques acerbes de personnes qui pourraient très bien être nous-mêmes, occidentaux, ne sont ni dérangeantes ni partagées. Elles sont objectives. Elles sont d’une froide réalité.

Le rire mène à l’espoir. On termine ce livre en étant convaincu, comme l’auteur probablement, que ce cirque – cette entreprise, à tous les sens du terme – doit et surtout peut s’arrêter très facilement. Rien ne sert de pleurer, de se lamenter, de s’apitoyer, d’accuser, d’avoir raison, de regarder le passé. Il convient de se (re)lever, de s’asseoir à la table, de discuter et de trouver des solutions : un plan d’action. Sérieusement. Sans africaniste mais avec des africains.

Monsieur In Koli Jean Bofane : bravo.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

PS : d’autres livres de cet auteur suivront.

 
 

Fêtes galantes – L’oeuvre manuscrite, de Paul VERLAINE

Fêtes galantes

« Quelle émotion que de retrouver la main vivante du poète ! » 

Lire Verlaine est magique. Alors lire l’écriture même de Verlaine….est ineffable.

Le mérite revient également à l’éditeur : Bibliothèque de l’Image.
Je m’y attarderai plus longuement dans un article que je leur consacrerai.

Le tout est élégant, épuré, le toucher est doux, la papier d’une bonne qualité. L’expérience est réellement unique, bien différent d’une édition classique dactylographiée.

Intéressant…

Finem Spicere,

Monsieur Touki

 

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L’élégance du hérisson, de Muriel BARBÉRY

« Etre pauvre, laide et, de surcroît, intelligente, condamne, dans nos sociétés, à des parcours sombres et désabusés auxquels il faut mieux s’habituer de bonne heure. A la beauté, on pardonne tout, même la vulgarité. L’intelligence ne paraît plus une juste compensation des choses comme un rééquilibrage que la nature offre aux moins favorisés de ses enfants, mais un jouet superfétatoire qui rehausse la valeur du joyau. La laideur, elle, est toujours déjà coupable et j’étais vouée à ce destin, tragique avec d’autant plus de douleur que je n’étais point bête. »

On aime ou aime pas. Le style ampoulé, riche en vocabulaire, TRES riche en vocabulaire même.

Un style qui rappelle par endroit celui de Victor Hugo….non pas que Muriel écrive en alexandrin, non, non, rien de cela, mais une écriture au fouillis culturel qui lui ressemble.

Personnellement, je me suis laissé emporter…d’une traite, ce livre a été bu.

Pédanterie diront certains, génie diront d’autres. On aime ou on aime pas : l’indifférence n’est pas de mise.

Cela, c’est pour le style, la forme. Quid du fond? Paradoxal, des personnages qui sont finalement l’inverse de ce qu’ils prétendent être. Oui, la concierge est bien une concierge et la petite Paloma est bel et bien une personne conformiste à souhait. Mais bon, peut-on les blâmer? Je me sens moi-même unique. Je me pavane avec une tête de loup solitaire mais pourtant, je kiffe les 5 étoiles en sachant pourtant qu’ils détruisent la forêt et je ne dis jamais non à un bon vieux Marvel…

Ces paradoxes, liés à un style divin, rendent un tout subtilement élégant. J’ai hâte de lire d’autres Barbéry.

Finem Spicere,

Monsieur Touki

 
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Publié par le 7 décembre 2015 dans Inter nos

 

Mes amis mes amours, de Marc LÉVY

Ce livre est le premier que j’ai lu de Marc Levy. Ayant longtemps entendu parler de cet auteur et de ses talents d’écriture, je me suis laissée tenter ; et, quelques jours avant Noël, me voilà ressortie d’une librairie avec quelques uns de ses ouvrages. Etant une romantique dans l’âme, je me suis laissée attendrir par le titre de ce livre et pensais sincèrement y trouver quelque chose qui allait me transcender…

L’histoire: deux pères trentenaires (Antoine et Mathias), tous deux séparés, un étant libraire, l’autre architecte décident, un jour, de « réinventer » la vie en s’installant ensemble dans le quartier français de Londres. Leurs conditions: pas de baby-sitter et aucune présence féminine dans la maison.

On suit la vie quotidienne des personnages, avec ses lots de joie, tristesse, disputes, rencontres, (re)découverte d’émotions, de sentiments qu’ils pensaient perdus ; tout cela dans un style d’écriture simple et agréable.

Toutefois, l’histoire d’amitié relatée dans ce livre n’est pas vraiment celle que je m’étais imaginée. En effet, les deux personnages principaux ne font que se disputer et, à la longue, ça en devient lassant… Antoine est, selon moi, un peu trop directif et son envie de toujours tout contrôler m’a fortement agacée.

Les histoires sont également, à mon goût, un peu trop prévisibles. Par exemple,  Antoine avec sa meilleure amie, Sophie : ils passent énormément de temps ensemble, se rendent des services, se donnent des conseils concernant leur vie sentimentale respective. On sait dès le début ce qu’il se trame entre eux et on se demande quand arrivera le moment où ils arrêteront enfin leurs simagrées et affronteront, une bonne fois pour toute, leurs sentiments.

Aussi, il m’a fallu attendre d’arriver à mi-chemin pour découvrir un personnage attachant et réellement ressentir des émotions, ses émotions: Audrey, c’est un peu moi sentimentalement parlant.

Bref, mon ressenti est assez mitigé.

Je me demande bien ce que les habitués de Levy ont pensé de ce livre.

Finem Spicere,

Mademoiselle Dona Rosa.

 
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Publié par le 3 mars 2014 dans Inter nos

 
 
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