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Archives de Catégorie: Autobiographie

Vue sur la mère, de Julien ALMENDROS

Vue sur la mère

 

« Ma mère a simplement demandé au proviseur d’exclure tous les fautifs et aurait bien volontiers veillé à titre personnel à ce que tous les complices soient envoyés dans des lycées différents. Aux quatre coins de la région. »

Un petit livre. Le récit d’une relation. Le récit d’une difficile émancipation.

Le ressenti d’un enfant, d’un adolescent puis d’un adulte, dans sa relation avec sa mère.

Un récit lourd de sens & chargé d’émotions divergentes : l’on sent que l’auteur n’est pas guéri de son histoire.

Chacun sera marqué différemment par ce livre. L’identification sera à des degrés différents. Personnellement, le décor imaginaire de ce récit se déroulait chez mes parents. Un écho fort donc mais, de façon surprenante, au son bien différent. Pas d’émotion particulière ressentie hormis l’empathie, un sentiment de déjà-vu.

A lire, pour ceux à qui ce petit livre permettra de se sentir moins seuls dans leurs rapports à leur mère.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

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Publié par le 19 mai 2017 dans Autobiographie

 

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Silbermann, de Jacques de LACRETELLE

« Il avait été deux fois premier lors des compositions. Ce succès avait suscité des jalousies parmi les rangs des bons élèves. Et comme il lui échappait quelquefois une ironie méprisante à l’adresse des cancres, il n’y avait pas moins d’animosité contre lui aux autres degrés de la classe. Les choses commencèrent par des taquineries assez innocentes; elles furent un peu encouragées par l’insouciance de la plupart de nos professeurs qui, malgré ses bonnes places, n’aimaient pas Silbermann.« 

Un superbe livre pour de multiples ressentis.

Silbermann est juif et le narrateur, protestant. Nous sommes au début du vingtième siècle : leur amitié est difficile mais point inéluctablement.

J’en ai connu des Silbermann, version cancre. Beaucoup. Un m’a marqué. Ce livre m’y a paradoxalement fait penser.

J’étais en 4ème (système français) et il y en avait un, qui faisait tout pour bien se faire voir mais qui, en raison de quelques boulettes de comportement, était un véritable bouc-émissaire. Le cercle vicieux de l’injustice aidant, il commençait vraiment à déraper…

Je tenais à ce moment-là, attention, accrochez-vous, le CLUB LECTURE de mon collège qui, en gros, choisissait les livres que la bibliothèque (CDI) devait acheter. Nous étions un petit groupe et chaque semaine nous présentions à l’oral et à l’écrit nos lectures de la semaine… Je l’ai convié à plusieurs séances… et il a fini par venir tous les jours. A la fin de l’année, il était devenu mon second. il passait plus de temps au Club lecture qu’ailleurs… Le plus grand paradoxe de cette histoire ? Sa réputation n’a pas faibli d’un poil. Mais lui, allait mieux et c’est bien là l’essentiel.

Un livre fort car bon, nous avons tous connu notre Silbermann.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Si c’est un homme, de Primo LEVI

Certes, Ce livre est hyper connu, hyper lu et même hypermarché euh non, a hypermarché…. euh non, toujours pas, ‘fin bref, vous avez compris.

Certes, ce livre vous a bouleversé.

Certes, ce livre ou plutôt, son auteur, a une histoire et un destin tragique.

Certes, il est fortement conseillé d’avoir un poil de moral pour le lire.

MAIS QUE CE LIVRE EST EXCELLENT !!

Je n’ai pas besoin me semble-t-il de chercher de passages, de citations : tout peut être pris comme tel, dans son ensemble.

L’émotion est grande, mélange de curiosité et d’incrédulité. Les mots sont inutiles… la critique également.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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3096 jours, de Natascha KAMPUSCH

Attention.

Attention.

Attention.

Ce livre est selon moi, à lire avec précaution, avec prudence.

Prudence car les excès de ressenti peuvent être rapidement atteints et fausser ainsi la lecture et le pourquoi de l’écriture de ce livre.

Pour information, pour que vous voyez quand même pourquoi je deviens si austère d’un coup, ce livre retrace, par la victime elle-même, 3096 jours de séquestration. Kidnappée à l’âge de 10 ans, elle sera gardée prisonnière dans un sous-sol, celui d’une maison où habite son ravisseur, Prikopil.

L’insupportable est raconté, la lecture, elle, étrangement, ne l’est pas. Le ressenti est donc, si l’on est prudents, particulier. Il se situe entre pudeur et voyeurisme, entre horreur et réalité.

L’humilité aussi est requise. Essayer de se mettre à la place de Natascha ou encore de lui expliquer, de manière psychanalytique, ce qui lui est arrivé est selon moi extrêmement arrogant.

Ainsi explique-t-elle, à contre-courant de la pensée commune : « En se fondant sur des crimes comme celui que j’ai subi, la société construit, en noir et blanc, les catégories du bien et du mal qui lui permettent de tenir debout.Il faut que le bourreau soit une brute pour pouvoir rester soi-même du bon côté. Et la victime doit être brisée et le rester, afin que l’externalisation du mal puisse fonctionner. » Qu’elle ait tort ou raison, qu’importe, seul son témoignage compte.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 
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Publié par le 9 janvier 2013 dans Autobiographie, Horreur

 

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Le Gone du Chaâba, d’Azouz BEGAG

Un récit autobiographique de l’ancien ministre des chances en 2005, Azouz Begag. Il y explique son enfance, dans le Chaâba, le bidonville aux alentours de la ville de Lyon. Soyons clair, ses chances initiales de devenir ministre de la république française étaient… infimes ! Mais c’est grâce au goût de la lecture, de l’apprentissage en général mais aussi grâce à ses facultés innées, décelées et encouragées par ses parents que l’auteur parvient à ne pas perdre pied. Le rôle de l’instituteur aussi aura son rôle… Entre mérite et chance, la frontière est souvent floue ; ce récit, cette histoire, cette autobiographie le montre bien.

Les frontières mais aussi les liens causes-conséquences entre réussite et milieu social sont source de surprise, d’incompréhension, de conflits inévitables, de distanciation finalement.

« Alors ? dit Moussaoui en me fixant d’un oeil malicieux et plein de reproches.
– Alors quoi ? » fais-je sans me douter le moins du monde de ce qu’il peut bien me vouloir.
Ses yeux se font lance-roquettes et, méprisant, il lâche :
« T’es pas un Arabe, toi ! »
Aussitôt , sans même comprendre le signification de ces mots, je réagis :
« Si, je suis un Arabe !
– Non, t’es pas un Arabe, j’te dis.
– Si, je suis un Arabe !
– J’te dis que t’es pas comme nous ! »
Alors là, plus aucun mot ne parvient à sortir de ma bouche. Le dernier reste coincé entre mes dents. C’est vrai que je ne suis pas comme eux.
Une terrible impression de vide s’empare de moi. Mon coeur cogne lourdement dans mon ventre. Je reste là, planté devant eux, et, sur mon visage, mille expressions se heurtent, car j’ai envie de pleurer, puis de sourire, résister, craquer, supplier, insulter.
Nasser intervient :
« Et en plus tu veux même pas qu’on copie sur toi ! »

Le tout est précis, touchant, drôle et écrit dans un style agréable. L’auteur ne se veut pas juge d’une société dont les absurdités sont, ici, manifestes mais au contraire, il semble croire en la force de l’objectivité, de la description. C’est un appel à l’espoir mais aussi un devoir du constat : la vie est injuste et se battre demeure l’incessante solution.

Que peut-on ressentir en lisant une telle histoire? Pour ma part, je n’ai RIEN ressenti sinon quelques accès de rire lors de passages comiques comme celui des toilettes à la turque.

Bonne lecture 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Cytomégalovirus, d’Hervé GUIBERT

Que ce livre est morbide !

Quinze jours d’hospitalisation raconté par l’hospitalisé, l’auteur, Hervé Guibert. Un récit tellement vrai qu’il en est gênant. L’auteur narre sa propre maladie. La douleur se ressent à travers la plume, son fameux port-à-cath fait mal, il triture notre esprit comme il triture son corps.

La douleur ressentie se transforme finalement en dégoût, au sens littéral. Une sérieuse envie de vomir me saisit parfois lors de la lecture mais heureusement, quelques pointes d’humour, bouffées d’air frais, l’annihilent.

Au délà de l’humour, le cynisme est omniprésent : « On n’entend que ça ici : « Bon appétit », « Bonne journée », « Bon week-end », « Bon repos », « Bonnes vacances », jamais « Bon décès ». » 😉 Personnellement, cela me fait exploser d’un rire gras.

Je conseille vivement cette lecture, pour l’auteur, pour vous, pour le ressenti, fort. Rassurez-vous, l’histoire ne dure que quinze jours et l’auteur n’a pas la force d’écrire quotidiennement. Glauque.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

Livre du même auteur :

Mon valet et moi 

 

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La Place, d’Annie ERNAUX

 

« Je voudrais dire, écrire au sujet de mon père, sa vie, et cette distance venue à l’adolescence entre lui et moi. Une distance de classe, mais particulière, qui n’a pas de nom. Comme de l’amour séparé. »

Et c’est ce qu’elle fait : écrire, sans s’écrier, décrire, sans décrier, son père, tout juste décédé.

La distance s’installe, inexorablement, entre eux… une distance sociale. Une distance mentale. Une distance implacable, dénuée de sentiments, froide et objective. Un processus, une distanciation qu’on appelle ça.

L’absence de pudeur du premier chapitre et la froide, quoique neutre, description qu’Ernaux fait de sa propre vie provoque un léger sentiment de malaise. Léger pour moi, probablement plus fort pour vous.

Le processus d’identification est inévitable, selon la personne, à différents degrés. L’empathie, pour le père et pour la fille, émerge. Difficile d’avoir le sourire, ou alors, accompagné d’un émotif rictus du nez.

Heureusement, le livre est court. L’effet produit est réussi, fort, sobre surtout.

A vous de me dire. 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

 

 
 
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