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Archives de Catégorie: Cinéma

Harry Potter et l’Enfant maudit, de J.K ROWLING, Jack THORNE & John TIFFANY

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« Il est temps que remonter le temps devienne une chose du passé »

Cela faisait quelques temps que je résistais à l’envie de lire ce livre. Etant dans un doute inconfortable au sujet de ses créateurs et ne voulant absolument pas être déçu, j’avais jusqu’alors obstinément refusé de le lire.

Puis vient l’annulation d’un vol Air Canada et son report au lendemain. Le soir, en mangeant un repas digne d’un 3 étoiles à l’Ibis budget de Roissy CDG, je rencontre un couple très sympathique et ne me demandez pas pourquoi, nous venons à parler d’Harry Potter. La jeune femme est une passionnée invétérée de cette saga et la lit chaque année, ayant à chaque fois l’impression de retrouver des amis.

Intrigué par tant de passion, je la questionne sur la pièce de théâtre -écrite/co-écrite?- nouvellement sortie. Après en avoir parlé pendant environ une heure et demie, je me décide à le lire.

Le lendemain, dans l’avion, bim bam boum, avalé : le livre.

Quel bonheur de retrouver tous ces joyeux fanfarons sous de nouvelles perspectives. Quelle joie immense de pouvoir de nouveau penser à la place de ces personnages. Quel délice de pouvoir tester à nouveau le Polynectar.

Que de chouettes choses au final. Quelques minis frustrations certes… certains passages ne sont pas assez touffus. Mais pour une pièce de théâtre, on a bel et bien l’impression de lire un roman.

En un mot : extraordinaire.

Finem Spicere,

Monsieur Touki

PS : ah oui, et pour les auteurs, JK Rowling a pris une part prépondérante dans le scénario et l’écriture. Seule la mise en scène a été principalement (et logiquement) réalisée par Jack Thorne et John Tiffany. Ouf, fin du suspense.

 

 

 

 

La Peur, de Stefan ZWEIG

Monsieur Touki is back !! Non mais sans déconner, le mec, il parle de lui à la troisième personne et en anglais… non mais allô quoi !

Bref, mon absence aura été longue. le pourquoi est complexe. Mon retour lui est simple ; la preuve avec ce post !

Voilà ici (oui, on peut aussi écrire plus simplement « voici ») un recueil de six nouvelles de mon auteur favori. Le ressenti est puissant, varié et permanent. Lire c’est vivre.

1/ La Peur

Exceptionnelle. Saisissante. La peur. Coucher avec un autre homme quand on est mariée et avoir peur d’être découverte, par son mari. Une peur que l’on croit indicible. Une peur que transmet beaucoup trop efficacement Zweig. Poulàlà.

2/ Révélation inattendue d’un métier

Héhé, les fameux pickpockets ! Ca me rappelle mon année barcelonaise quand, bon sang de bonsoir, les pickpockets auront rendu fous nombre de mes camarades étudiants. Je me souviens terriblement de mon envie poignante de frapper, frapper et encore frapper ces espèces de CONNARDS sans scrupules et ben, notre ami Stefan, lui, arrive, par un magique sens de l’observation, à rendre ce personnage presque touchant… une sensation et une confrontation de sentiments opposés qui vaut la peine d’être vécue, jvouldis !

3/ Leporella

La jolie femme de chambre, ou pas, Leporella, convaincue d’être un objet, ou du moins traitée comme tel, s’éprend de son patron… Une femme naît, la beauté et la sensualité avec. A ressentir.

4/ La femme et le paysage

Je cède la parole à ce qui suit :

« Son visage aux yeux clos était tendu douloureusement; je m’aperçus,angoissé, qu’elle voulait s’éveiller et ne le pouvait pas, que ses sens égarés cherchaient de toutes leurs forces à s’évader de cette prison de ténèbres, à retrouver leur lucidité. Et le fait que, sous le masque de plomb du sommeil, quelque chose luttait pour se dégager de l’enchantement, suscitait en moi la dangereuse envie de la réveiller. Mes nerfs brûlaient du désir de la voir non plus en état de somnambulisme, mais éveillée et parlant comme un être réel. Ce corps aux jouissances sourdes, je voulais à tout prix le ramener à l’état conscient. Je l’attirai violemment à moi, je la secouai, j’enfonçai mes dents dans ses lèvres et mes doigts dans ses bras, afin qu’elle ouvrît enfin les yeux et fît consciemment ce que jusqu’alors seul un vague instinct l’avait poussée à faire. Elle se courba en gémissant sous la douloureuse étreinte. « Encore… Encore… » murmura-t-elle, avec une chaleur insensée qui m’excitait et me faisait perdre la raison. Je sentais que l’éveil était proche, qu’il allait percer sous les paupières closes, qui déjà tremblaient d’une manière inquiète. Je la serrai de plus en plus fort, je m’enfonçai plus profondément en elle; soudain une larme roula le long de sa joue et je bus la goutte salée. La terrible agitation de son sein augmentait sous mon étreinte, elle gémissait, ses membres se crispaient comme s’ils eussent voulu briser quelque chose de terrible, le cercle de sommeil qui l’emprisonnait; soudain — ce fut comme un éclair à travers le ciel orageux — quelque chose en elle se rompit. Elle fut de nouveau un poids lourd et inerte dans mes bras, ses lèvres se détachèrent, elle laissa retomber ses mains, et lorsque je la déposai sur le lit elle resta couchée comme morte. J’eus peur. Involontairement, je la touchai, tâtai ses bras et ses joues, tout était froid, glacé, pétrifié. Seules ses tempes battaient faiblement. Elle gisait là comme un marbre, les joues humides de larmes; une respiration légère caressait ses narines dilatées. De temps en temps un faible tressaillement la parcourait encore, vague descendante de son sang agité, mais les spasmes peu à peu s’apaisaient. De plus en plus elle ressemblait à une statue. Ses traits se détendaient et s’humanisaient, devenaient plus juvéniles, plus limpides. La crispation avait disparu. Elle s’était assoupie. Elle dormait. »

Mon idéal.

5/ Le Bouquiniste Mendel

Touchant, le vieil habitué du café, l’emblématique bouquiniste Mendel…. ben finit par mourir quoi ! Et là, l’insignifiant sinon ce qui était devenu coutumier, ben disparaît aussi…. et là…. ben c’est plus tout à fait la même chose. Son absence matérialise sa présence passée. Paradoxe finement, encore une fois, décrit par Zweig.

6/ La collection invisible

Un monsieur qui ne voit plus. Sa femme qui voit très bien. Un monsieur qui présente avec amour à tous ses visiteurs son exceptionnelle collection. Tous les visiteurs voient très bien mais personne ne la voit. Et pour cause, madame l’a vendue !! Situation non pas cocasse mais bel et bien troublante. Entre mensonge et vérité, où se situe l’équilibre ?

J’en ai terminé avec ce recueil. Lisez-le, vous vibrerez. 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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La Vague, de Todd STRASSER

« J’étais là quand tout a commencé. L’idée, c’était de nous montrer comment l’Allemagne nazie avait pu voir le jour. Le but, ce n’était évidemment pas de faire de nous des petits nazis. Mais de… de… »

Transformer une salle de classe en une bande de petits nazis… c’est fastoche !! Suffit d’avoir une règle en bois qui claque bien sur le bureau, une voix grave, une cravate pour faire sévère ou sérieux et un tout petit grain de folie. Ben Ross, le prof d’histoire a un peu de tout ça et ce qu’il se passe dans sa classe devient vite proprement incroyable. Y croire serait difficile si cela n’était pas le récit romancé d’une histoire vraie…

Que ressentir en lisant ce livre? Ma foi, pas grand chose, sinon une très grande facilité de lecture, presque un sentiment d’avoir affaire à un livre très moyen. Peu de puissance dans les mots mais une réelle force dans le scénario… dommage, j’aurais bien aimé un grand écrivain pour conter cette histoire…

A lire donc, vite, mais à lire.

A votre ressenti !!!

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 
 

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Le vieil homme et la mer, d’Ernest HEMINGWAY

On s’en fout mais je le dis quand même, ce livre est MON livre. LE livre. Celui qui m’aura rendu amoureux. Amoureux de lire. Amoureux des mots. Amoureux des gens, de leur histoire. Un livre qui m’aura initié malgré lui, probablement, à la tolérance, à l’acceptation d’autrui, de ses souhaits, de ses aspirations, de son destin même peut-être.

Ce livre n’est pas un guide, il est le déclencheur. Quand, à 8 ans, je le lus pour la première fois, ma vie bascula, mon esprit chavira. Mon cerveau fit émerger une partie jusque là enfouie…. la curiosité, insatiable, inextinguible, inexpugnable et autres adjectifs à quatre syllabes.

Bref, ce livre, ce chef d’oeuvre, l’histoire d’un homme, un vieil homme même, et de sa vie, la mer.

« Il regarda la mer et sut comme il était seul. Mais il distinguait les prismes de l’eau sombre et profonde, et la ligne qui le tirait vers l’avant, et l’étrange ondulation du calme. Les nuages s’accumulaient maintenant sous le souffle de l’alizé, et quand il regarda droit devant il aperçut un vol de canards sauvages comme découpés contre le ciel et l’eau, puis s’effaçant, puis nets à nouveau et il sut qu’aucun homme n’était jamais seul sur la mer.« 

Un combat, avec un poisson, un gigantesque espadon.

« Si tu n’es pas fatigué, le poisson, dit-il fort, tu ne dois pas être ordinaire. »

Un combat cruel, une lutte respectueuse et humble : « Poisson, dit-il, je t’aime et je te respecte beaucoup. Mais je t’aurai tué avant que ce jour finisse« 

Je ne peux pas en dire plus. Je vous laisse découvrir par vous-mêmes les extraits suivants :

« Il vit d’abord une ombre très sombre qui prit si longtemps pour passer sous son bateau qu’il ne put en croire la longueur.

– Non, dit-il. Il ne peut pas être gros comme ça ?
Mais il était aussi gros que ça et lorsqu’à la finn du cercle il émergea à la surface à même pas trente mètres du bateau, il vit sa queue sortir de l’eau. Elle était plus haute qu’une grande lame de faux, et d’un bleu lavande au-dessus du bleu sombre de l’eau. Elle le suivait pendant qu’il nageait juste sous la surface et le vieil homme distinguait maintenant son énorme
volume, et les rayures mauves qui le zébraient. Il avait replié son épine dorsale, mais les nageoires pectorales étaient largement déployées. »

et la fin du combat :

« Alors le poisson eut un soubresaut de vie, avec la mort en lui, et s’éleva haut sur la mer, déployant toute son immense longueur, sa puissance massive et sa beauté. Il sembla suspendu en l’air au-dessus du vieil homme dans son canot. Puis il retomba dans la mer dans un écrasement qui renvoya son écume sur le vieux et remplit son canot. »

et ben non, le combat ne fait que commencer, éternel recommencement :

« Ils naviguaient bien, et le vieil homme laissait tremper ses mains dans l’eau salée et essayait de garder la tête claire. Il y avait de hauts cumulus, et assez de cirrus au-dessus d’eux pour qu’il sache que la brise durerait toute la nuit. Et tout le temps le vieil homme regardait le poisson, pour être sûr que c’était vrai. C’était une heure avant que le premier requin les attaque. »

Monsieur Hemingway, merci.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

Du même auteur :

Pour qui sonne le glas

 

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Le Gone du Chaâba, d’Azouz BEGAG

Un récit autobiographique de l’ancien ministre des chances en 2005, Azouz Begag. Il y explique son enfance, dans le Chaâba, le bidonville aux alentours de la ville de Lyon. Soyons clair, ses chances initiales de devenir ministre de la république française étaient… infimes ! Mais c’est grâce au goût de la lecture, de l’apprentissage en général mais aussi grâce à ses facultés innées, décelées et encouragées par ses parents que l’auteur parvient à ne pas perdre pied. Le rôle de l’instituteur aussi aura son rôle… Entre mérite et chance, la frontière est souvent floue ; ce récit, cette histoire, cette autobiographie le montre bien.

Les frontières mais aussi les liens causes-conséquences entre réussite et milieu social sont source de surprise, d’incompréhension, de conflits inévitables, de distanciation finalement.

« Alors ? dit Moussaoui en me fixant d’un oeil malicieux et plein de reproches.
– Alors quoi ? » fais-je sans me douter le moins du monde de ce qu’il peut bien me vouloir.
Ses yeux se font lance-roquettes et, méprisant, il lâche :
« T’es pas un Arabe, toi ! »
Aussitôt , sans même comprendre le signification de ces mots, je réagis :
« Si, je suis un Arabe !
– Non, t’es pas un Arabe, j’te dis.
– Si, je suis un Arabe !
– J’te dis que t’es pas comme nous ! »
Alors là, plus aucun mot ne parvient à sortir de ma bouche. Le dernier reste coincé entre mes dents. C’est vrai que je ne suis pas comme eux.
Une terrible impression de vide s’empare de moi. Mon coeur cogne lourdement dans mon ventre. Je reste là, planté devant eux, et, sur mon visage, mille expressions se heurtent, car j’ai envie de pleurer, puis de sourire, résister, craquer, supplier, insulter.
Nasser intervient :
« Et en plus tu veux même pas qu’on copie sur toi ! »

Le tout est précis, touchant, drôle et écrit dans un style agréable. L’auteur ne se veut pas juge d’une société dont les absurdités sont, ici, manifestes mais au contraire, il semble croire en la force de l’objectivité, de la description. C’est un appel à l’espoir mais aussi un devoir du constat : la vie est injuste et se battre demeure l’incessante solution.

Que peut-on ressentir en lisant une telle histoire? Pour ma part, je n’ai RIEN ressenti sinon quelques accès de rire lors de passages comiques comme celui des toilettes à la turque.

Bonne lecture 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Kramer contre Kramer, d’Avery CORMAN

Voici un livre que j’ai lu, de nuit, dans un train, dans une ambiance que vous imaginez. Eurk… 😉

Toujours est-il que sur les huit heures de train, ce livre m’aura rendu 3h30 de liberté. 3h30 d’une traite. 3h30 de sentiments et sensations divers. Entre émotion, effroi, analyse puis compréhension des différentes façons de penser des personnages.

L’histoire? Ma foi, peu banale : un couple, un enfant. La mère décide de vivre sa vie, de divorcer et de laisser son (désormais) ex-mari élever leur fils. Puis, après quelques temps, elle décide de réapparaître dans leurs vies et de reprendre son rôle de mère. Vous imaginez la suite, joyeuse et sans prise de tête. 😀

L’intérêt premier de ce livre est selon moi, de comprendre. Comprendre ce qu’il se passe. L’analyser objectivement. Eviter le jugement, si difficile cela soit-il.

Ce livre a été le fruit de nombreuses adaptations, qu’elles soient théâtrales ou cinématographiques. Je pense que le livre, bien que traduit de l’américain, apporte une dimension supplémentaire, la visualisation de son propre univers imaginaire.

A vous de me dire ce que vous en pensez, que vous ayez lu le livre, vu le film ou autres représentations théâtrales homonymes. 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Notre-Dame de Paris, de Victor HUGO

Ah la jolie Esmeralda, elle me remue les…. méninges du souvenir !

Je me souviens avoir fait la cour à une femelle en citant différents passages de ce livre…. cela dut être suffisamment touchant puisque je reçus en échange un verre de Coca-Cola et 4 ans d’une relation somme toute amoureuse. 😀

Rappeler l’histoire du Bossu de Notre-Dame n’est pas d’un intérêt primordial mais il convient de segmenter ce pavé de 750 pages:

  • 50 pages pompeuses et inutiles au moment de la description architecturale et historique de toutes les rues de Paris! J’exagère à peine… 😉
  • 450 pages agréables, vivantes ie rythmées
  • 250 pages, les dernières, qui font probablement partie des plus beaux passages romanesques jamais écrits.

Deux ressentis principaux:

  • pendant la lecture : cette impression irréelle d’être « hors du temps », cette envie inexorable et inconsciente d’avaler les pages, d’avancer, de lire toujours plus vite, encore plus vite, cette impression du « jamais assez vite ».
  • après la lecture : un bourdonnement spirituel assourdissant. Je me souviens parfaitement du moment où j’ai posé ce livre et des instants qui ont suivi. J’étais sur ma chaise, en balancier précaire, les jambes sur mon bureau, le cou à 90°. J’ai posé le livre, sur mon buste, puis sur mes jambes… il est tombé au sol… Je me suis levé instantanément, brusquement, le ramassant, l’inspectant, le fixant, incrédule. Puis le vide, un vide bruyant…. En réalité, peu aidé par une bouche pâteuse synonyme de déshydratation, j’avais un SACRE MAL DE CRÂNE. Vous comprenez mieux le fameux bourdonnement spirituel machin truc. 😉 Toujours est-il qu’il était présent!

Je ne saurais faire autre chose que recommander ce délice de roman romantique.

A vous de raconter votre expérience et ressenti de lecture 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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