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Archives de Catégorie: Horreur

3096 jours, de Natascha KAMPUSCH

Attention.

Attention.

Attention.

Ce livre est selon moi, à lire avec précaution, avec prudence.

Prudence car les excès de ressenti peuvent être rapidement atteints et fausser ainsi la lecture et le pourquoi de l’écriture de ce livre.

Pour information, pour que vous voyez quand même pourquoi je deviens si austère d’un coup, ce livre retrace, par la victime elle-même, 3096 jours de séquestration. Kidnappée à l’âge de 10 ans, elle sera gardée prisonnière dans un sous-sol, celui d’une maison où habite son ravisseur, Prikopil.

L’insupportable est raconté, la lecture, elle, étrangement, ne l’est pas. Le ressenti est donc, si l’on est prudents, particulier. Il se situe entre pudeur et voyeurisme, entre horreur et réalité.

L’humilité aussi est requise. Essayer de se mettre à la place de Natascha ou encore de lui expliquer, de manière psychanalytique, ce qui lui est arrivé est selon moi extrêmement arrogant.

Ainsi explique-t-elle, à contre-courant de la pensée commune : « En se fondant sur des crimes comme celui que j’ai subi, la société construit, en noir et blanc, les catégories du bien et du mal qui lui permettent de tenir debout.Il faut que le bourreau soit une brute pour pouvoir rester soi-même du bon côté. Et la victime doit être brisée et le rester, afin que l’externalisation du mal puisse fonctionner. » Qu’elle ait tort ou raison, qu’importe, seul son témoignage compte.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

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Publié par le 9 janvier 2013 dans Autobiographie, Horreur

 

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Salam Shalom, de Jean-François PATRICOLA

« Le Temps : il a filé à l’anglaise, en 1948, sans demander son reste. Aujourd’hui, il court toujours. Plus personne ne le rattrapera désormais tant son avance est grande. »

En cette très brève période de cessez-le-feu au Proche-Orient, il me paraissait opportun de présenter ce livre, par endroits, littéralement exceptionnel.

A travers la douleur, le conflit est abordé. A travers une souffrance physique à peine descriptible, ses affects sous-jacents sont caressés.

L’histoire, si incroyable soit ou fût-elle, est celle d’un israélien et d’un palestinien… tous deux blessés grièvement, le premier nécessitant rapidement une greffe du cœur, l’autre, condamné à la mort, n’étant qu’esprit et douleur inintelligible. Malgré eux, la transplantation a lieu. Torsade des convictions. Un comble commun. La mort de la foi.

Tout en prose, tout en culture plus ou moins bien distillée, Jean-François Patricola livre une œuvre d’une très grande subtilité sur un sujet devenu, au fur et à mesure de son histoire, éminemment complexe. A la subtilité se joint inévitablement une ironie immensément savoureuse.

«  L’avions-nous trouvée cette nuit, notre Nuit ? Il est probable. Nous nous réveillâmes de concert : en ouvrant les yeux, je l’entendis battre et me saluer. En battant, il entendit mon corps s’étirer à la vie et lui rendre hommage. Nouvel armistice ! Au dire du chirurgien, nous l’avions échappé belle. De cela, je me réjouissais. Lui également. La chimère et le mensonge avait comme disparu de nos lèvres et oreillettes. La Nuit les avait bus d’un trait ; noyés dans son ventre noir et plat. On ne les reverrait jamais plus. C’était à espérer. Il me dit : « Dieu est mon seigneur et le vôtre ; j’ai mes œuvres et vous avez les vôtres ; point de dispute entre nous. Dieu nous réunira tous, car il est le terme de toutes choses . » J’acquiescai et répondit : « Mi hu haham ? Chelomed mikol adam*». Armistice. Dont acte. Interstice dans le voile de nos consciences. Dans cette perspective, nos rapports au monde sont changés. La donne est autre. Point d’échec et mat. Après différentes tentatives de blocage, d’échange, de gambit acceptés ou non. Passes d’armes vaines. Partie nulle ; à moins que ce ne soit un pat ; pour lui tout aussi bien que pour moi. Une victoire à la Pyrrhus. »  *Qui est sage? Celui qui apprend quelque chose de chacun.

A lire, absolument. Absolument.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

Sukkwan Island, de David VANN

Bon, ce livre a été écrit par Mr David Vann, c’est son premier roman et il y a consacré 10 ans !

C’est la première chose que j’ai su à propos de cet ouvrage…. 10 ans de sa vie! Fichtre, je me suis senti OBLIGE de l’acheter puis…. de le dévorer.

Le scénario, quoique glauque il faut se l’avouer, est franchement intrigant et l’on peut tout de même se demander s’il n’y a pas une petite histoire vraie derrière tout ça. Je dis ça… je dis qu’on s’en fout.

La relation père-fils est troublante, je dois le reconnaître, et parvient à transmettre une émotion, difficile à exprimer, mais bel et bien réelle. Oui, oui, je vous assure, cette dernière phrase est tout à fait pertinente !

Et puis franchement, entre nous, c’est que l’on angoisserait presque tant le récit est fluide et les faits, puissants.

Je suis ressorti de cette lecture un tantinet troublé voire même écoeuré, au sens propre, avec une impression de nausée bizarrement exaltante. Cette sensation franchement étrange mais surtout inédite pour moi fait que mon premier ressenti de lecture apporté sur ce blog soit dédié à ce livre.

Et puis, c’est pas comme s’il avait pas reçu le Prix Médicis étranger ! Mais ça, je ne l’ai appris qu’après…

Bonne lecture à tous! Je suis tous yeux ouverts pour recueillir votre ressenti personnel 😀

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

PS : Ah oui, j’ai lu ce livre avec l’édition Gallmeister, collection Totem, et beh, je peux vous dire que c’est une édition vraiment cool ! Mais bon, je vous donnerai plus de détails dans un article dans la catégorie Les Editions 😀

 

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