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Archives de Catégorie: Les différentes Editions

Choisir l’édition peut faire varier le plaisir ressenti lors d’une lecture…. pourquoi pas alors recueillir un avis établi à travers le prisme des 5 sens?

Les Editions de Minuit, ou une rencontre pluri-sensorielle

Comme promis, voici mon premier avis sur une Edition pour bien commencer Décembre !

LES EDITIONS DE MINUIT

Comme toute première fois, ça se raconte. Quelle a donc été ma première fois? En attendant Godot de Beckett.

Avant même de lire, je touche. Je touche du doigt, du pouce gauche pour être précis. J’effleure la couverture. Mon pouce glisse et sent… le froid.

Je contemple, une moue d’incrédulité me gagne : comment ce truc peut-il valoir 14€ ??

Bon. Cette première question d’étudiant posée, j’ose ouvrir, méfiant mais curieux. Puis, je ne résiste plus, je l’ouvre EN GRAND ET EN PLEIN MILIEU !

Après ce spasme viril, vient un réflexe qui fait sourire beaucoup de monde autour de moi, j’approche l’ouvrage de mon nez. Je sens. De l’encre. J’ai envie de mâcher le papier, il m’attire, je ne sais pas pourquoi. Ce doit être sa texture, à peine granuleuse.

Mon estomac se réveille lui aussi. J’ai faim. J’ai pourtant fini de dîner, j’ai 16 ans, je sors de la douche, la tignasse encore humide. De l’eau rafraîchit ma nuque, curieuse. Oui, curieuse.  J’ai des lunettes, je suis sérieux, je m’installe sur ma chaise de bureau, confortable, à bascule. Les pieds sur le bureau artisanal et africain – même si cela a peu d’impact sur la suite, certes – je commence la lecture.

Mes yeux suivent mes doigts, Beckett m’amuse autant que l’ouvrage me chatouille. C’est un plaisir, double. Je ne veux pas arrêter. Je ne peux pas arrêter : comment pourrais-je oser corner une de ces pages? Comment pourrais-je violer ce livre d’un marque-page? Je ne le fais pas. Je lis, je vis. J’ai 16 ans, et je comprends.

Mais soudain, j’ai mal à la nuque, je ne me suis pas rendu compte d’avoir glissé sur ma chaise. Ma nuque est tordue et crie à l’injustice. Elle en veut à mes doigts qui, transis, de froid rappelez-vous, le lui rendent bien. Un frisson me parcourt et électrise mes cheveux, inégalement mouillés. Mes doigts humidifient désormais les pages, le contact est davantage râpeux et moins agréable. Je me redresse donc et pose le livre en regardant, frustré, mes doigts moites. La lecture attendra ; le plaisir est trop grand pour être ignoré.

Les Editions de Minuit, un dépucelage à demi-fini, mais réussi.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

PS : Je tiens à préciser que cette histoire est intégralement vraie.

 
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Publié par le 1 décembre 2012 dans Les différentes Editions

 
 
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