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Archives de Catégorie: Littérature américaine

La Vague, de Todd STRASSER

« J’étais là quand tout a commencé. L’idée, c’était de nous montrer comment l’Allemagne nazie avait pu voir le jour. Le but, ce n’était évidemment pas de faire de nous des petits nazis. Mais de… de… »

Transformer une salle de classe en une bande de petits nazis… c’est fastoche !! Suffit d’avoir une règle en bois qui claque bien sur le bureau, une voix grave, une cravate pour faire sévère ou sérieux et un tout petit grain de folie. Ben Ross, le prof d’histoire a un peu de tout ça et ce qu’il se passe dans sa classe devient vite proprement incroyable. Y croire serait difficile si cela n’était pas le récit romancé d’une histoire vraie…

Que ressentir en lisant ce livre? Ma foi, pas grand chose, sinon une très grande facilité de lecture, presque un sentiment d’avoir affaire à un livre très moyen. Peu de puissance dans les mots mais une réelle force dans le scénario… dommage, j’aurais bien aimé un grand écrivain pour conter cette histoire…

A lire donc, vite, mais à lire.

A votre ressenti !!!

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 
 

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Le vieil homme et la mer, d’Ernest HEMINGWAY

On s’en fout mais je le dis quand même, ce livre est MON livre. LE livre. Celui qui m’aura rendu amoureux. Amoureux de lire. Amoureux des mots. Amoureux des gens, de leur histoire. Un livre qui m’aura initié malgré lui, probablement, à la tolérance, à l’acceptation d’autrui, de ses souhaits, de ses aspirations, de son destin même peut-être.

Ce livre n’est pas un guide, il est le déclencheur. Quand, à 8 ans, je le lus pour la première fois, ma vie bascula, mon esprit chavira. Mon cerveau fit émerger une partie jusque là enfouie…. la curiosité, insatiable, inextinguible, inexpugnable et autres adjectifs à quatre syllabes.

Bref, ce livre, ce chef d’oeuvre, l’histoire d’un homme, un vieil homme même, et de sa vie, la mer.

« Il regarda la mer et sut comme il était seul. Mais il distinguait les prismes de l’eau sombre et profonde, et la ligne qui le tirait vers l’avant, et l’étrange ondulation du calme. Les nuages s’accumulaient maintenant sous le souffle de l’alizé, et quand il regarda droit devant il aperçut un vol de canards sauvages comme découpés contre le ciel et l’eau, puis s’effaçant, puis nets à nouveau et il sut qu’aucun homme n’était jamais seul sur la mer.« 

Un combat, avec un poisson, un gigantesque espadon.

« Si tu n’es pas fatigué, le poisson, dit-il fort, tu ne dois pas être ordinaire. »

Un combat cruel, une lutte respectueuse et humble : « Poisson, dit-il, je t’aime et je te respecte beaucoup. Mais je t’aurai tué avant que ce jour finisse« 

Je ne peux pas en dire plus. Je vous laisse découvrir par vous-mêmes les extraits suivants :

« Il vit d’abord une ombre très sombre qui prit si longtemps pour passer sous son bateau qu’il ne put en croire la longueur.

– Non, dit-il. Il ne peut pas être gros comme ça ?
Mais il était aussi gros que ça et lorsqu’à la finn du cercle il émergea à la surface à même pas trente mètres du bateau, il vit sa queue sortir de l’eau. Elle était plus haute qu’une grande lame de faux, et d’un bleu lavande au-dessus du bleu sombre de l’eau. Elle le suivait pendant qu’il nageait juste sous la surface et le vieil homme distinguait maintenant son énorme
volume, et les rayures mauves qui le zébraient. Il avait replié son épine dorsale, mais les nageoires pectorales étaient largement déployées. »

et la fin du combat :

« Alors le poisson eut un soubresaut de vie, avec la mort en lui, et s’éleva haut sur la mer, déployant toute son immense longueur, sa puissance massive et sa beauté. Il sembla suspendu en l’air au-dessus du vieil homme dans son canot. Puis il retomba dans la mer dans un écrasement qui renvoya son écume sur le vieux et remplit son canot. »

et ben non, le combat ne fait que commencer, éternel recommencement :

« Ils naviguaient bien, et le vieil homme laissait tremper ses mains dans l’eau salée et essayait de garder la tête claire. Il y avait de hauts cumulus, et assez de cirrus au-dessus d’eux pour qu’il sache que la brise durerait toute la nuit. Et tout le temps le vieil homme regardait le poisson, pour être sûr que c’était vrai. C’était une heure avant que le premier requin les attaque. »

Monsieur Hemingway, merci.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

Du même auteur :

Pour qui sonne le glas

 

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Le Châle, de Cynthia OZICK

« Elle tourna et retourna la boîte – c’était une boîte rectangulaire. Le châle de Magda ! Le lange de Magda. Le linceul de Magda. Le souvenir de l’odeur de Magda, parfum sacré du nourrisson perdu. Assassiné. Jeté contre la clôture, barbelée, griffée d’épines, électrifiée ; gril et grille ; fournaise, une enfant incendiée ! »

Magda, l’enfant, le nourrisson, tenant à peine sur ses jambes, n’est pas légitime dans le camp de concentration dans lequel elle se trouve. Alors quand elle se retrouve sans son châle, elle est vite repérée puis effroyablement exécutée.

Rosa, la mère, ne s’en remettra jamais. A jamais bouleversée, elle erre. Elle erre dans ses pensées, dans sa vie. Elle n’oublie pas, elle construit sa réalité.

« – Madame ? dit le directeur.
– Monsieur, vous avez des barbelés autour de votre plage.
– Vous avez une chambre ici?
– Non, ailleurs.
– Alors en quoi cela vous regarde-t-il ?
– Vous avez des barbelés.
– Pour empêcher la racaille d’entrer.
– En Amérique, ce n’est pas le lieu du barbelé en haut des clôtures !
Le directeur abandonna la rédaction de ses notes
– Veuillez vous retirer, dit-il Retirez-vous, je vous en prie.
– Il n’y a que les nazis qui attrapent les innocents derrière des barbelés, dit Rosa. »

Elle ne parvient pas à trouver une raison d’être comme tout le monde : dans les normes du quotidien. Le pauvre Persky tente bien de la ramener à la réalité en lui offrant des séances de drague mémorable [extrait] :

« – Qu’est-ce que vous voulez ?
Il découvrit ses dents.
– Un rendez-vous.
– Vous êtes marié.
– Marié mais sans femme.
– Vous en avez une.
– C’est une façon de parler. Elle est folle.
Rosa dit :
– Je suis folle aussi.
– Qui le dit ?
– Ma nièce.
– Qu’est-ce qu’une inconnue peut en savoir ?
– Une nièce n’est pas une inconnue.
– Mon propre fils est un inconnu. Une nièce sans aucun doute. Venez, j’ai ma voiture tout près. Climatisée, on fera un tour.
– Vous n’êtes pas un gamin, je ne suis pas une gamine, dit Rosa.
– Ce n’est pas à moi que vous le prouverez, dit Persky.
– Je suis quelqu’un de sérieux, dit Rosa. Ce n’est pas mon genre de vie^de me promener pour aller nulle part.
– Qui a dit nulle part ? Je pensais aller quelque part.
Il réfléchit.
« Mon club du troisième âge. Très sympathique belote.
– M’intéresse pas, dit Rosa. J’en ai rien à faire des nouveaux gens.
– Alors, au cinéma. Vous n’aimez pas les nouveaux, on vous en trouvera des morts. Clark Gable, Jean Harlow.
– M’intéresse pas.
– Une promenade à la plage. Marcher au bord de l’eau, ça vous dit?
– Je l’ai déjà fait, dit Rosa.
– Quand ?
– Ce soir. A l’instant.
– Seule ?
Rosa dit : 
– Je cherchais quelque chose que j’ai perdu.
– Pauvre Lublin, qu’est-ce que vous avez perdu ?
– Ma vie. »

…même si, malgré elle, des soupçons de réalité la gagnent : « Un fil de gratitude se tendit dans sa gorge. Il comprenait presque ce qu’elle était : pas un bouton ordinaire. »

Ce livre est troublant. Le premier passage, celui du camp, est effroyablement génialement écrit. J’ai eu froid dans le dos. La suite de la lecture me parut ensuite relativement plus fade même si forte en réflexion.

A vous de me dire 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 
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Publié par le 22 janvier 2013 dans Guerre, Littérature américaine

 

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Le cerveau solitaire, de Jeff SUTTON

Un peu de science-fiction, ça fait pas de mal !! 😀

La collection Le Masque est probablement l’une sinon la meilleure en la matière et c’est bien pour cela que je vous présente son premier numéro : Le cerveau solitaire, traduit de l’auteur américain Jeff Sutton.

L’histoire :  Lorsque le vaisseau spatial Alpha-Tauri se pose sur la planète Kado 1, Keim, le télépathe de l’équipage, ressent d’étranges impressions.  Ladite planète est en réalité un véritable mystère sur le plan de l’évolution : seules deux espèces d’animaux sont présentes, des mulots et des mouettes. Keim va finir par découvrir que les autres races ont été exterminées par une entité extrêmement agressive et puissante et surtout dotée d’une intelligence extrêmement supérieure… Celle-ci est le dernier représentant de son espèce, et tient à sa survie, au détriment de tout le reste… Attention suspense.

Oui, le suspense, voilà tout l’intérêt de ce livre, bien écrit, sans fioritures ni emphase, en toute sobriété. L’énonciation elle aussi est bien utilisée, la partie d’échecs entre le télépathe et l’intelligence supérieure se met petit à petit en place…. L’on se prend au jeu mais également parti, inévitablement, pour le télépathe.

2h30 de lecture d’une traite en ce samedi, très agréable 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki

 

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Le procès du docteur Forrester, d’Henry DENKER

Il s’agit d’un livre étrange. Etrange car je l’ai lu d’une traite mais je ne l’ai pas particulièrement aimé. C’est le genre de livre dont on peut ressentir quelque chose uniquement après l’avoir lu. Etrange, n’est-ce pas?

Je n’ai pas détesté ce livre, il ne m’a pas déçu, il ne m’a pas marqué non plus. Je ne sais qu’en dire. Cette critique m’agace déjà. QUE PUIS-JE DIRE??? Je ne sais pas. Un livre banal en somme.

Le synopsis : « New York la nuit, les urgences d’un grand hôpital.  Entre les cris, les larmes, les complications, un travail d’équilibriste et une cadence infernale pour la jeune Kate Forrester, seul médecin de garde. Soudain, le drame éclate, avec la mort imprévue, sans raison apparente, d’une jeune femme. Une malheureuse tragédie qui aurait dû en rester là, s’il ne s’était agi de Claudia Stuyvesant, la fille d’un magnat de la ville.  La machine judiciaire se met alors en branle contre Kate, accusée de faute professionnelle.  Les journaux crient au scandale, le corps médical se retranche derrière un silence indigné. Mais Kate est sûre d’elle, elle a fait tout ce qui était en son pouvoir cette nuit fatale. Reste à en convaincre le tribunal.  Un homme décide de l’aider, un jeune avocat, brillant, passionné, Scott Van Cleve. Et l’enquête commence… »

Bref, une bonne vieille histoire captivante sur l’instant, très vite oubliée ensuite.

A lire, pour profiter de l’instant présent de lecture, pour oublier le passé récent, pour s’oublier quelques moments. Le milieu médical, aux Etats-Unis, intrigue mais sans plus. Après tout, je ne me sens que peu concerné, égoïstement.

Et vous, diable, qu’en pensez-vous? 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki

 

Kramer contre Kramer, d’Avery CORMAN

Voici un livre que j’ai lu, de nuit, dans un train, dans une ambiance que vous imaginez. Eurk… 😉

Toujours est-il que sur les huit heures de train, ce livre m’aura rendu 3h30 de liberté. 3h30 d’une traite. 3h30 de sentiments et sensations divers. Entre émotion, effroi, analyse puis compréhension des différentes façons de penser des personnages.

L’histoire? Ma foi, peu banale : un couple, un enfant. La mère décide de vivre sa vie, de divorcer et de laisser son (désormais) ex-mari élever leur fils. Puis, après quelques temps, elle décide de réapparaître dans leurs vies et de reprendre son rôle de mère. Vous imaginez la suite, joyeuse et sans prise de tête. 😀

L’intérêt premier de ce livre est selon moi, de comprendre. Comprendre ce qu’il se passe. L’analyser objectivement. Eviter le jugement, si difficile cela soit-il.

Ce livre a été le fruit de nombreuses adaptations, qu’elles soient théâtrales ou cinématographiques. Je pense que le livre, bien que traduit de l’américain, apporte une dimension supplémentaire, la visualisation de son propre univers imaginaire.

A vous de me dire ce que vous en pensez, que vous ayez lu le livre, vu le film ou autres représentations théâtrales homonymes. 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Deception point, de Dan BROWN

Publié entre les plus connus Anges et Démons et le Da Vinci Code, ce roman est mon préféré de Dan Brown.

Les thèmes, la vie extraterrestre et le jeu de pouvoir politique y sont pour beaucoup. Le style Brown est le même, parfois heurté mais toujours passionné.

Je comparerais ce livre à une bonne grosse part de gâteau mousseux aux fruits rouges, fondant sous la langue, un chouïa trop sucré, rappelant ainsi au lecteur son origine industrielle.

A déguster donc goulûment, paradoxe incroyable s’il en est. Attention cependant à ne pas rentrer dans le piège : on reste perpétuellement sur sa faim !

L’histoire : une météorite contenant des signes de vie extraterrestre est découverte en arctique durant la campagne présidentielle américaine. La fille du candidat républicain est envoyée pour vérifier l’authenticité de la découverte. Cependant, elle découvrira certains secrets qui mettront sa vie en danger.

Allez, un petit extrait pour se mettre à la table du dessert 🙂

« Michael Tolland ne pouvait s’empêcher de sourire de toutes ses dents en contemplant Rachel Sexton bouche bée et réduite au silence devant la météorite fossile qu’elle tenait à la main. La beauté raffinée du visage de Rachel semblait maintenant éclipsée par son expression d’émerveillement naïf : on aurait dit une fillette qui venait de rencontrer le Père Noël pour la première fois. »

En conclusion, manger sucré et lire sans grossir est possible ! Je devrais peut-être écrire un livre…. 😉

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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