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Archives de Catégorie: Littérature japonaise

Le Pavillon d’Or, de Yukio MISHIMA

« Sans rien changer à sa pose parfaitement protocolaire, la femme, tout à coup, ouvrit le col de son kimono. Mon oreille percevait presque le crissement de la soie frottée par l’envers raide de la ceinture. Deux seins de neige apparurent. Je retins mon souffle. Elle prit dans ses mains l’une des blanches et opulentes mamelles et je crus voir qu’elle se mettait à la pétrir. L’officier, toujours agenouillé devant sa compagne, tendit la tasse d’un noir profond.  Sans prétendre l’avoir, à la lettre, vu, j’eus du moins la sensation nette, comme si cela se fût déroulé sous mes yeux, du lait blanc et tiède giclant dans le thé dont l’écume verdâtre emplissait la tasse sombre – s’y apaisant bientôt en ne laissant plus traîner à la surface que de petites tâches – , de la face tranquille du breuvage troublé par la mousse laiteuse. »

Voici le style Mishima. Qu’en pensez-vous? N’êtes-vous pas, comme moi, subjugués? Ou êtes-vous peut-être décontenancés? Ecoeurés? Mal à l’aise?

Une sensualité hors-norme se dégage de cette oeuvre et une musicalité à tonalité lyrique berce la lecture. Seul bémol, sur les 375 pages de ce livre, la lecture de 100 suffit à nous sustenter puisque le récit ne concerne que l’épisode, au final uniquement symbolique, de l‘incendie du fameux pavillon d’or de Kyoto par un moine bouddhiste.

Un bel hommage à la Beauté avec un grand « B ». Les amateurs du concours BCE et Ecricome 2008 en conviendront 😉

A vous de me raconter votre périple sensuel… ou pas.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

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