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Archives de Catégorie: Littérature latino-américaine

GARCÍA MÁRQUEZ, Gabriel (1927-2014)

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« J’ai l’impression, qu’en m’attribuant le prix, qu’ils ont tenu compte de la littérature du sous-continent américain et, que ce faisant, ils cherchaient à récompenser toute la littérature de cette région. »

GGM, après avoir reçu le Nobel de littérature en 1982

 

I) L’homme

  • Naissance en Colombie, à Aracataca
  • Aîné de onze enfants
  • Elevé par ses grands-parents maternels, dont son grand-père, militaire
  • Sa mère est absente
  • Proche de son grand-père dont il a beaucoup appris (Papalelo)
  • Inspiré par les histoires de revenants de sa grand-mère
  • Obtient son baccalauréat en étudiant à l’internat
  • Etudiant en droit à 20 ans
  • Journaliste à « l’heraldo de Baranquilla »
  • Découverte et inspiration de Faulkner, Joyce, Hemingway, Woolf et Kafka
  • Voyage à Genève et Rome à 28 ans
  • Paris par après
  • Voyages en Allemagne de l’Est, Union soviétique, Hongrie et séjour à Londres (1958)
  • Retour en Colombie
  • Ouvre une agence d’informations « Prensa latina » d’où il travaille depuis Cuba et NYC
  • S’installe par après à Mexico où commence la rédaction de Cent ans de solitude
  • Va vivre à Barcelone 6 ans, à 40 ans
  • En 1981, obtient la légion d’honneur en France par François Mitterand
  • En 1982: Prix Nobel de littérature.
  • Exilé de Colombie, il s’installe quelques années au Mexique
  • 1999 : cancer lymphatique dont il parvient à guérir
  • Il écrit floraison de livres jusqu’en 2010, dont le polémique Mémoire de mes putains tristes en 2004
  • 2012, il perd peu à peu la mémoire
  • 2014, décède à son domicile à Mexico le 17 avril

 

II) L’oeuvre

Romans

  • 1955 – Des feuilles dans la bourrasque
  • 1961 – Pas de lettre pour le colonel
  • 1962 – La Mala Hora
  • 1967 – Cent ans de solitude
  • 1975 – L’Automne du patriarche
  • 1981 – Chronique d’une mort annoncée
  • 1985 – L’Amour aux temps du choléra
  • 1986 – L’Aventure de Miguel Littín, clandestin au Chili
  • 1989 – Le Général dans son labyrinthe
  • 1994 – De l’amour et autres démons
  • 1997 – Journal d’un enlèvement

Nouvelles

  • 1962 – En este pueblo no hay ladrones
  • 1962 – Les Funérailles de la Grande Mémé
  • 1972 – L’Incroyable et Triste Histoire de la candide Eréndira et de sa grand-mère diabolique
  • 1992 – Douze Contes vagabonds
  • 2004 – Mémoire de mes putains tristes

Autres

  • 1970 – Récit d’un naufragé
  • 1982 – Une odeur de goyave
  • 2002 – Vivre pour la raconter

 

III) La pensée, ses idées

Journaliste et reporter naturel, il n’aura de cesse de s’intéresser, probablement de s’indigner mais surtout de retranscrire ses ressentis sur l’actualité latino-américaine dans son oeuvre.

« Je suis un romancier, disait-il, et nous, les romanciers, ne sommes pas des intellectuels, mais des sentimentaux, des émotionnels. Il nous arrive à nous, Latins, un grand malheur. Dans nos pays, nous sommes devenus en quelque sorte la conscience de notre société. Et voyez les désastres que nous provoquons. Ceci n’arrive pas aux Etats-Unis, et c’est une chance. Je n’imagine pas une rencontre au cours de laquelle Dante parlerait d’économie de marché. »

D’influence et finalement de conviction communiste, il soutient et affiche publiquement son admiration pour le régime cubain de Fidel Castro. Il s’oppose à l’impérialisme américain, ce qui lui vaut par ailleurs d’être boycotté et surtout privé de visa pendant un certain temps.

Opposé au capitalisme libéral, il milite ardemment pour la paix en Amérique Latine et s’indigne des nombreuses dictatures présentes sur le continent.

Au delà de la politique et de la mythologie, Garcia Marquez n’aura jamais cessé d’élaborer un immense discours sur la mort et sur la solitude, que ce soit dans Les Funérailles de la Grande Mémé, L’Automne du patriarche, Chronique d’une mort annoncée et, bien entendu, Cent ans de solitude qui porte sur la fin d’une dynastie et d’une civilisation. « Je pense évidemment à la mort », avait-il déclaré. « Mais peu, aussi peu que possible. Pour en avoir moins peur, j’ai appris à vivre avec une idée très simple, très peu philosophique : brusquement tout s’arrête et c’est le noir absolu. La mémoire est abolie. Ce qui me soulage et m’attriste, car il s’agira là de la première expérience que je ne pourrai pas raconter. »

 

 

 

 

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Mémoire de mes putains tristes, de Gabriel GARCÍA MÁRQUEZ

« C’était nouveau pour moi. J’ignorais les artifices de la séduction car j’avais toujours choisi mes fiancées d’une nuit au hasard, plus pour leur prix que pour leurs charmes, et nous faisions l’amour sans amour, la plupart du temps à demi vêtus, et toujours dans le noir pour nous imaginer plus beaux que nous ne l’étions.
Cette nuit-là, j’ai découvert le plaisir invraisemblable de contempler le corps d’une femme endormie sans l’urgence du désir ni les inconvénients de la pudeur. »

Ce que l’extrait ne dit pas – attention, âmes sensibles ne pas lire la suite – est que cette femme endormie est une jeune pucelle de 14 ans et le narrateur, un homme fêtant son 90ème anniversaire.

OUCH !! Ouais, c’est spécial mais ouais les 38 premières pages de ce livre sont sublimes. Suant, le souffle court, j’ai achevé ce premier passage avec la bouche pâteuse et l’esprit en vrac. Mi-choqué, mi-fasciné, j’ai voulu poursuivre, en vain ; mes pensées divaguaient, l’ébullition me guettait.

Après avoir repris mes esprits, j’ai pu achever rapidement et sans encombres les deux-tiers restants du roman qui se sont avérés être, finalement, un véritable hymne à l’amour et à la vie.

A travers la vieillesse, la vie est célébrée. A travers l’immoralité de la situation, l’amour est suggéré puis validé puis encensé.

García Márquez est un auteur exceptionnel. A 77 ans, le Nobel colombien nous propose un pur moment de puissantes sensations. 

« Le sexe c’est la consolation quand l’amour ne suffit pas. »

A vous de me dire.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 
 
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