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Archives de Catégorie: Philosophie

Comme un chant d’espérance, de Jean d’ORMESSON

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« L’apparition de la pensée est à coup sûr l’événement le plus important de l’histoire de l’univers depuis sa sortie du néant. On dirait que le monde est créé pour la seconde fois. »

Jean d’Ormesson voulait écrire, comme l’a fait Flaubert avec Un coeur simple, un livre sur rien. Si l’on peut considérer l’entreprise audacieuse, voire arrogante en comparaison avec Flaubert, elle demeure intrigante. C’est bien pour cette raison que j’ai acheté ce livre et en ai commencé sa lecture.

L’approche est scientifique. Avec ses mots de profane, l’auteur tente d’expliquer l’origine du tout pour mieux cerner le rien. L’approche vire rapidement au mystique et Dieu devient le centre de l’oeuvre.

On lit sans faim en attendant la fin. La sensation de vide et donc de rien se fait très vite ressentir. L’effet est – pour cet aspect – réussi.

Cependant, certains passages dénotent maladroitement. Le style est faussement humble. La masturbation intellectuelle finit par poindre et le plaisir de lecture s’estompe assez vite.

Dommage. L’approche de Jean d’Ormesson était singulièrement différente de celle de Flaubert ; le résultat est selon moi, bien moins convaincant.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

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Syllogismes de l’amertume, d’Emil Michel CIORAN

«  Ne me demandez plus mon programme : respirer, n’en est-ce pas un ? »

L’apophtegme revisité, à son apogée. Cioran est un maître en la matière, oui, mais il est toujours aussi peu drôle.

Bouark, voici ce que je ressens, en substance, tout au long de cette lecture, saccadée, au rythme des préceptes.

Saccadé et non pas sac à idées, cet ouvrage pèse. Il pèse sur la vie, sur ma vie, m’interroge alors que je préfèrerais ne pas le faire. La vie est un fardeau oserais-je déduire de cette lecture… la vie est une chance me suis-je toujours dit, en suis-je réellement convaincu… ?

Et bien merci M’sieur Cioran, je me remets en question tiens. Ma vision est altérée, erronée, incomplète. Je me sens patraque, perplexe. Maussade. Un sentiment que je n’ai pas pour habitude d’avoir.

Le ressenti demeure intéressant… la prise de tête interne débute…. OH ET PUIS FUCK Emil, tu me les brises sérieusement à force ! Je veux ne pas penser à un soi disant, prétendu et surtout impossible à prouver, poids de la vie !

Sentiment de révolte, de rage. Je dis NON. Je dis non à ce foutu et surtout perfide sentiment qui se propage, veut me ronger, m’user. Ma vie est belle. Oui.

Merci Emil, pour cette piqûre de rappel.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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L’homme qui voulait être heureux, de Laurent GOUNELLE

 

 

Nous sommes ce que nous pensons. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde”  Bouddha.

 

Je tiens tout d’abord à préciser que je n’adhère à aucune religion en particulier : je m’intéresse à toutes, à leur façon de voir le monde et d’aborder les évènements qu’offre la vie.

 Le titre peut en rendre sceptique plus d’un, pensant peut être que le bonheur n’existe pas, que la quête de soi n’est qu’idiotie et perte de temps, qu’il est inutile de se poser autant de questions auxquelles, bien souvent, nous n’avons pas de réponse. Toutefois, je me permettrai de leur demander d’essayer de « s’arrêter » deux minutes et de penser à eux, en tant qu’individu ; de penser à leur vie actuelle, à leur vie rêvée. Et j’aimerai savoir quelles seraient leurs réponses.

 Dans cet ouvrage, M.Gounelle nous livre son savoir, acquis durant sa carrière de psychologue et d’hypno-thérapeute, dans un style simple et accessible ; rendant la lecture et les dialogues entre un homme et un vieux guérisseur « évidents ».  Son style peut toutefois être considéré par certain comme simpliste et niais : « Quand on se voit moche, les autres nous voient moches. Les autres nous voient comme nous nous voyons nous-mêmes ».  Quant à moi, le fait d’appeler un chat un chat et d’être aussi direct, rend les dialogues beaucoup plus « frappants » et « réalistes » ; il ne nous noie pas dans du jargon thérapeutique.

 Ce qui m’a réellement « frappé » dans ce livre, sont les dires du vieux guérisseur sur la forces des croyances : « Quand on est convaincu d’une chose, elle devient la réalité, notre réalité ». Il « trace » une sorte de « cercle de résultat » qui aurait pour source les croyances. Ces croyances détermineraient le comportement de l’individu et influenceraient ses relations avec autrui qui elles renforceraient à leur tour les croyances de l’individu.

L’auteur tente d’amener le personnage principal à prendre conscience des barrières qui l’empêchent d’être totalement heureux.

 Il donne en exemple plusieurs expériences, réalisées par des chercheurs américains dans les années 70-80, qui permettent de bien comprendre la force des croyances qu’un individu peut développer, les conséquences qu’elles peuvent avoir sur l’individu, sur son esprit et même son corps.

 Je pense que pour pouvoir apprécier ce livre, il faut être capable de laisser de côté son pragmatisme et faire preuve d’une grande ouverture d’esprit. Je pense également que ce livre est fait pour les personnes aimant se triturer les méninges avec des questions relatives à l’individu, sa vie, son avenir etc… et non pour celles ayant un surplus de confiance en elles ou étant à quelque doigts d’avoir trouvé le bonheur, leur bonheur.

Finem Spicere,

Mademoiselle Dona Rosa

 
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Publié par le 21 janvier 2014 dans Philosophie, Psychologie, Roman, Sociologie

 

Protagoras, de PLATON

« Protagoras me répondit : « Je loue, Socrate, ton ardeur et ta manière de traiter les questions. Car, sans parler des autres défauts dont je me flatte d’être exempt, je suis le moins envieux des hommes. Aussi ai-je dit souvent de toi que, de tous ceux que je rencontre, tu es celui que j’estime le plus, et que je te mets bien au-dessus de ceux de ton âge, j’ajoute que je ne serais pas étonné si tu te plaçais un jour au rang des sages illustres. Quant à ces questions, nous les traiterons, si tu veux, une autre fois, pour le moment, j’ai autre chose de pressé à faire.
– Va donc, dis-je, si tel est ton plaisir, aussi bien il y a longtemps que, moi aussi, je devrais être rendu où j’avais dessein d’aller, mais je suis resté pour faire plaisir au beau Callias. »
Après avoir ainsi parlé et écouté tour à tour, nous nous séparâmes. »

Comme vous l’aurez compris, ce dialogue ci, narré par Platouné, a lieu entre Socrate – le vieux sage – et Protagoras, le pro des sophistes, un vendeur d’aspirateurs qui ne perdent pas l’aspiration et surtout l’inspiration en somme. L’aspirateur, de l’inspiration? Non, laissez tomber, c’était un jeu de mot pourri, une paronomase un poil ratée, j’avoue.

De quoi discutent-ils donc?? Vous voulez vraiment le savoir?

Sans déconner, c’est réellement passionnant : ils échangent sur l’enseignement, Socrate explique, en très gros, que Protagoras ne peut pas appliquer ce qu’il prétend enseigner. Je m’explique, allez suivez, vous allez voir, c’est drôle. Comment ça, mon humour n’est pas fiable ??? Sortez d’ici !!! 😉

En effet, Protagoras veut enseigner, aux petiots pendus à ses lèvres, ce que sont les vertus. Les vertus, mais c’est quoi une vertu? répond en substance notre Socratouné préféré.

C’est la bonne question puisqu’ils ne sont pas d’accords sur la nature de la vertu mais aussi sur l’unicité de celle-ci. Comment dès lors débattre sur son possible enseignement?! Ben, euh, cela devient difficile !

Quid du ressenti de lecture?? Amusant ! Franchement, je me suis pris au jeu ; j’ai presque (oui, tout de même faut pas déconner) eu envie de noter sur papier, dans un joli tableau – que j’imaginais rose et violet avec des bordures en pointillés irréguliers… mais WTF !! – les arguments de chacun pour essayer de voir qui était cohérent, qui ne l’était pas.

Sans cela, on se rend compte tout de même que Socrate, si intelligent qu’il soit, tombe parfois dans la sophistique lui aussi ! Oui, je vous passe les détails parce que d’une part, je ne m’en rappelle plus suffisamment et que d’autre part, je doute que vous en ayez réellement cure… Oui, j’ai également certaines opinions préconçues et j’adresse un joli mais néanmoins cordial fuckouné au gentil bachelier qui croyait pomper des infos pour faire sa « dissert’ à la maison d’philo » qu’il a d’ailleurs attendu, le dimanche soir pour commencer, alors qu’il doit la rendre demain matin 8h !! Bonne nuit blanche mon petit 😀

Non, allez, tiens une petite info tout de même petit gars, ou petite meuf, sache que Platon, le transcripteur des dialogues de Socrate, prenait souvent un malin plaisir à déformer les propos des sophistes, tout simplement parce qu’il ne pouvait pas les voir en peinture et éprouvait pour son maître Socrate, une admiration sans bornes. Pour Protagoras, c’est différent, Platon l’estimait et donc, le dialogue semblerait, d’après les experts et ma mémoire, plutôt bien retranscrit  Si tu ne le savais pas, je suis content de t’avoir aidé. Si tu le savais, tu n’as rien à faire sur cet article et retourne bosser ta dissert’ !!

Ouf ! Bon, je suis un fada de philo, j’essaye de limiter les publications en la matière mais parfois mes doigts glissent tout seul…. Niark niark niark !

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

Du même auteur:

L’Apologie de Socrate

 
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Publié par le 10 mars 2013 dans Littérature grecque, Philosophie

 

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L’Invisible, de Clément ROSSET

« L’invisible dont il est question ici ne concerne pas le domaine des objets qu’une impossibilité matérielle interdit de voir (tel un visage plongé dans l’obscurité), mais celui des objets qu’on croit voir alors qu’ils ne sont aucunement perceptibles parce qu’ils n’existent pas et/ou ne sont pas présents (tel un visage absent d’une pièce éclairée). »

Ouais, en effet !! 😉

Bon, pour être franc, ce livre m’a déçu. Enfin, déçu, je me comprends car, en réalité, je n’en attendais pas grand chose sinon une véritable réflexion sur l’invisible.

Au lieu de cela, j’ai eu droit à un catalogue de références et d’analyses d’oeuvres successivement musicales, poétiques, littéraires et philosophiques.

Clément Rosset n’a délivré que peu de produit personnel de pensée et c’est en cela que l’on peut être déçu… au final, je vais devoir lire Wittengstein et Paulhan, rien de bien nouveau sous le soleil.

Au moins, j’aurais « appris » la chose suivante: « Il est une personne qu’on ne reconnaît jamais parce qu’elle est constamment invisible, et c’est évidemment soi-même. » 😉

Mais bon, il a eu le Prix Procope des Lumières à ce qu’il paraît donc bon…

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 
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Publié par le 26 janvier 2013 dans Essai, Philosophie

 

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Manuel, d’ÉPICTÈTE

« Veux que les choses arrivent comme elles arrivent et non comme tu désires qu’elles soient et tu seras heureux. »

En réalité, ce n’est pas Epictète qui l’a écrit mais bel et bien son disciple prénommé Arrien. Pourquoi diable lire un truc pareil??? Que peut-on bien ressentir en lisant un machin qui date du 1er siècle??

Et bien figurez-vous que personnellement, j’ai ressenti plein de choses 😉

Il faut savoir qu’Epictète est un stoïcien, un mec qui aime souffrir et qui surtout considère que la « souffrance » est la voie la plus efficace vers le bonheur, liberté et finalement la sagesse. Je partage nombre des aphorismes édictés dans cette oeuvre mais je ne parviens à approuver les impératifs qui sont distillés.

Comment peut-on dire à autrui ce qu’il doit faire ? Comment peut-on accoupler liberté et impératif ? Kant, et d’autres, tenteront de répondre, certes, à cette interrogation…. toujours est-il que cette lecture a tendance à m’agacer.

Comment faut-il vivre?? Mais diantre, j’aimerais bien choisir monsieur Epictète, par moi-même !!! 😀 Non mais !

Quand tu dis « Tu dois prendre Socrate pour modèle, et vivre dans l’intention de l’égaler » mais ça me révolte 🙂 Il t’aurait mis une fessée s’il t’avait lu….

Un autre ressenti donc : celui de l’impuissance, comment se rebeller contre un gars du 1er siècle? Question stupide et inutile probablement mais tout de même, c’est turlupinant ! 😉

Allez, un exemple de sa doctrine pour vous apprendre à vivre 🙂

« Devant tout ce qui t’arrive, pense à rentrer en toi-même et cherche quelle faculté tu possèdes pour y faire face. Tu aperçois un beau garçon, une belle fille ? Trouve en toi la tempérance. Tu souffres ? Trouve l’endurance. On t’insulte ? Trouve la patience. En t’exerçant ainsi tu ne seras plus le jouet de tes représentations. »

WTF ?? Cordialement.

Finem Spicere 😉

Monsieur Touki.

 
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Publié par le 2 décembre 2012 dans Littérature grecque, Philosophie

 

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Pensées sur la morale, d’André COMTE-SPONVILLE

Alors là, attention…. Préparez-vous, on rigole plus ! Je vous propose de la philo, et pas l’Apologie de Socrate cette fois, non, c’est tous les philosophes de la morale que je vous sers…. Réunis en un seul petit livre écrit par Monsieur Comte-Sponville.

La morale c’est quoi ? Agir moralement, que diantre cela veut-il dire ? Y-a-t-il une morale universelle ? Ou alors, chacun possède-t-il sa propre morale ? Si Dieu n’existe pas, la notion de morale a-t-elle, dès lors, un quelconque sens ?

« Beaucoup trop de questions, finalement inutiles », nombre d’entre vous me diront… Certes, ou pas, mais toujours est-il qu’en ces temps de rédaction de mémoire de recherche, une telle lecture se révèle être franchement utile… 😉

Enfin, personnellement, une telle réflexion est un moyen d’assouvir mon Finem Spicere, celui d’atteindre cette force tranquille, toujours plus grande, toujours plus inébranlable, toujours plus à l’affût et à l’écoute d’autrui, avec intérêt et détachement, avec compassion et compréhension, avec zen et cool attitude, avec dignité. Peut-être trouverez-vous ou retrouverez-vous, à la lecture attentive de ce livre, votre propre Finem Spicere.

Voici différentes citations, que vous pourrez réutiliser dans des dîners pseudos mondains, pour paraître intelligents 😀 C’est personnellement ce que je fais très souvent… 😉

Allez, dans l’ordre : Jean-Paul Sartre, Baruch Spinoza, Friedrich Nietzsche, Emmanuel Kant et Alain.

  • « L’homme se fait ; il n’est pas tout fait d’abord, il se fait en choisissant sa morale, et la pression des circonstances est telle qu’il ne peut pas ne pas en choisir une. » in L’existentialisme est un humanisme
  • « J’appelle moralité le désir de faire du bien qui tire son origine de ce que nous vivons sous la conduite de la raison. » in Ethique, III
  • « En vérité, les hommes se sont eux-mêmes donné leur bien et leur mal. En vérité, ils ne les ont pas pris, ils ne les ont pas trouvés, ils ne les ont pas entendus comme un voix descendue du ciel. C’est l’homme qui a donné de la valeur aux choses, afin de les conserver; c’est lui qui leur a donné un sens – un sens humain ! C’est pourquoi il s’appelle « homme », c’est-à-dire celui qui évalue. Evaluer c’est créer. Ecoutez donc, vous qui êtes créateurs ! C’est l’évaluation qui fait des trésors et des joyaux de toutes choses évaluées. » in Ainsi Parlait Zarathoustra
  • « L’amour de soi, pris comme principe de toutes nos maximes, est la source de tout mal. » in La religion dans les limites de la simple raison.
  • « La morale consiste à se savoir esprit et, à ce titre, obligé absolument ; car noblesse oblige. Il n’y a rien d’autre dans la morale que le sentiment de la dignité. » in Lettre à Sergio Solmi sur la philosophie de Kant

A picorer goulûment et à volonté. 🙂

Finem Spicere, donc.

Monsieur Touki.

 
 
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