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Archives de Catégorie: Poésie

Fêtes galantes – L’oeuvre manuscrite, de Paul VERLAINE

Fêtes galantes

« Quelle émotion que de retrouver la main vivante du poète ! » 

Lire Verlaine est magique. Alors lire l’écriture même de Verlaine….est ineffable.

Le mérite revient également à l’éditeur : Bibliothèque de l’Image.
Je m’y attarderai plus longuement dans un article que je leur consacrerai.

Le tout est élégant, épuré, le toucher est doux, la papier d’une bonne qualité. L’expérience est réellement unique, bien différent d’une édition classique dactylographiée.

Intéressant…

Finem Spicere,

Monsieur Touki

 

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Paris l’instant, de Philippe DELERM

Paris, ville magnifique. Paris, ville poétique.

Dans un style décontracté, Delerm propose un mélange subtil de prose, entre photographie et écriture. Au moment de la lecture, je ne connaissais pas Paris. Je ne m’y étais rendu qu’une seule fois, à Roland Garros pour être précis donc autant dire que je ne m’étais pas réellement attendri devant les finesses et relents poétiques que peut inspirer cet endroit.

La lecture aura donc été, non pas absconse mais bel et bien fade et faible en ressenti. Un travail de pastiche m’avait été demandé et je m’étais focalisé sur la ville de Limoges. « Ecrire à la manière de » m’a permis de pouvoir apprécier a posteriori cet ouvrage.

«  On vient d’en bas. De cette chaleur moite des entrailles du métro qui se mêle curieusement à l’impeccabilité clinique des carreaux blancs de faïence de la voûte. Le regard morne, on a marché vers la sortie – à part les deux ou trois premiers qui grimpent quatre à quatre, les autres ont pris le rythme résigné, rien ne dépasse, chaque homme reste une île. »

J’aimerais bien avoir le retour et le ressenti des parisiens sur cet ouvrage… notamment de ceux qui travaillent tous les jours, prennent la ligne 1 et se retrouvent avec plaisir, engoncés dans le métro pendant l’intégralité du trajet, à contempler avec un déplaisir à peine feint les borborygmes endormis des voyageurs quotidiens.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Le Spleen de Paris, de Charles BAUDELAIRE

La vérité les gens, je suis bien content d’écrire cet article ! 🙂

Laissez-vous transporter par la prose suivante, on en discute après :

« Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l’eau d’une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l’air.

Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens! tout ce que j’entends dans tes cheveux! Mon âme voyage sur le parfum comme l’âme des autres hommes sur la musique.

Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l’espace est plus bleu et plus profond, où l’atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.

Dans l’océan de ta chevelure, j’entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d’hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l’éternelle chaleur.

Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d’un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.

Dans l’ardent foyer de ta chevelure, je respire l’odeur du tabac mêlé à l’opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l’infini de l’azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m’enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l’huile de coco.

Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs. »

Bon, hors de question de sombrer dans une scolaire lecture analytique. Encore une fois, désolé mon ami(e) lycéen(ne) de seconde ou première héhé, mais là, je cherche juste à vivre le texte et pas à chercher ou inventer les mécanismes du subconscient de Charlinou, au prétexte, non pas de paraître intelligent mais simplement d’avoir une bonne note ! C’est fini ce temps là ! 😉

Vivre donc, ce texte. Ressentir la chaleur du poil. Voir, halluciner des événements, des lieux. Franchement, c’est avec un texte pareil que l’on saisit la finesse de l’esprit humain. Quand nos soi-disants cousins proches chimpanzés et bonobos s’épouillent, l’être humain, lui, voit dans les cheveux un « port foumillant de chants mélancoliques » ou encore « de longues heures passées sur un divan« … Ca me laisse pensif, rêveur…

Charlinou adorait voyager. Il aura beaucoup voyagé d’ailleurs. Il transmet cela avec une force rare. La poésie est évidente, elle transparaît… Chez nous, la transe paraît…. 😉

Il y en a d’autres dans ce recueil, des poèmes en prose… beaucoup ont été étudiés, décortiqués, combien ont-ils été vécus? Loin de toute pression académique…

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

 

 

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Le joueur de flûte, de Béatrice BEAUMARAIS

« Plus de piaule ! J’ai faim… Claire ne répond pas, rien ne va plus ! »

Voilà en substance l’état des lieux de la vie de Manuel, un gars qui aime bien s’attirer tout un tas d’ennui  et qui joue probablement de malchance.

Quand l’envie lui prend de quitter cette vie qu’il considère comme misérable, un chant, une mélodie, un doux souffle émanant d’une flûte… émerge. Yeshua, le joueur, le ramène petit à petit à la vie… et parvient à le faire croire de nouveau à ce qu’il y a de plus fort en ce bas monde : l’amour.

Bon, et ben dis-donc, cette BD m’aura franchement bien ennuyé !! Elle coule de source, est sans surprises et surtout sent l’eau de rose à plein nez.

Cependant, je lui reconnais un certain esthétisme, une mélodie poétique se dégage au fur et à mesure de la lecture.. et cela est bien appréciable. Autrement, bof bof bof.

Cette critique constructive terminée, je vous laisse le soin de lire cette BD et de me donner votre avis !! 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Exercices de style, de Raymond QUENEAU

Une petite histoire, toute bête, toute simple, facile à mémoriser, est déclinée de quatre-vingt dix neuf différentes façons.

Une véritable prouesse d’écriture. Je vous laisse juger par vous-mêmes, vous laisse vous étonner, vous laisse être impressionnés, vous laisse contempler, admirer, féliciter, hocher positivement du buste, halluciner en somme.

L’histoire initiale, appelée « Notations » :

« Dans l’S, à une heure d’affluence. Un type dans les vingt-six ans, chapeau mou avec cordon remplaçant
le ruban, cou trop long comme si on lui avait tiré dessus. Les gens descendent. Le type en question s’irrite
contre un voisin. Il lui reproche de le bousculer chaque fois qu’il passe quelqu’un. Ton pleurnichard qui se
veut méchant. Comme il voit une place libre, se précipite dessus. Deux heures plus tard, je le rencontre cour de Rome, devant la gare Saint-Lazare. Il est avec un  camarade qui lui dit : « Tu devrais faire mettre un bouton supplémentaire à ton pardessus. » il lui montre  où (à l’échancrure) et pourquoi. »

La version « Litotes » :

« Nous étions quelques-uns à nous déplacer de conserve. Un jeune homme, qui n’avait pas l’air très intelligent, parla quelques instants avec un monsieur qui se trouvait à côté de lui, puis il alla s’asseoir. Deux heures plus tard, je le rencontrai de nouveau ; il était en compagnie d’un camarade et parlait chiffons. »

La version « Sonnet » :

« Glabre de la vaisselle et tressé du bonnet,
Un paltoquet chétif au cou mélancolique
Et long se préparait, quotidienne colique,
A prendre un autobus le plus souvent complet.

L’un vint, c’était un dix ou bien peut-être un S.
La plate-forme, hochet adjoint au véhicule,
Trimbalait une foule en son sein minuscule
Où des richards pervers allumaient des londrès.

Le jeune girafeau, cité première strophe,
Grimpé sur cette planche entreprend un péquin
Lequel, proclame-t-il, voulait sa catastrophe,

Pour sortir du pétrin bigle une place assise
Et s’y met. Le temps passe. Au retour un faquin
A propos d’un bouton examinait sa mise. »

La version « Anglicismes » (beaucoup trop drôle !!) :

« Un dai vers middai, je tèque le beusse et je sie un jeugne manne avec une grète nèque et un hatte avec une quainnde de lesse tressés. Soudainement ce jeugne manne bi-queumze crézé et acquiouse un respectable seur de lui trider sur les toses. Puis il reunna vers un site eunoccupé. A une lète aoure je le sie egaine; il vouoquait eupe et daoune devant la Ceinte Lazare stécheunne. Un beau lui guivait un advice à propos de beutone. »

La version « Comédie » :

Acte premier
Scène I

(Sur la plate-forme arrière d’un autobus S, un jour, vers midi.)
Le Receveur. -la monnaie, s’iou plaît. (Des voyageurs lui passent la monnaie.)

Scène II

(L’autobus s’arrête.)
Le Receveur. – laissons descendre. Priorités ? Une priorité ! C’est complet. Drelin, drelin, drelin.

Acte second
Scène I

(Même décor.)
Premier Voyageur (Jeune, long cou, une tresse autour du chapeau).
– On dirait, monsieur, que vous le faites exprès de me marcher sur les pieds chaque fois qu’il passe des
gens. Second Voyageur (hausse les épaules)

Scène II

(Un troisième voyageur descend.)
Premier Voyageur (s’adressant au public) : Chouette ! une place libre ! J’y cours. (Il se précipite dessus et
l’occupe.)

Acte troisième
Scène I

(La Cour de Rome.)
Un Jeune Élégant (au premier voyageur, maintenant piéton). -l’échancrure de ton pardessus est trop
large. Tu devrais la fermer un peu en faisant remonter le bouton du haut.

Scène II

(À bord d’un autobus S passant devant la cour de Rome.)
Quatrième Voyageur. -Tiens, le type qui se trouvait tout à l’heure avec moi dans l’autobus et qui
s’engueulait avec un bonhomme. Curieuse rencontre. J’en ferai une comédie en trois actes et en prose.

La version « Paysan » :

« J’avions pas de ptits bouts de papiers avec un numéro dssus, jsommes tout de même monté dans steu
carriole. Une fois que j’m’y trouvons sus steu plattforme de steu carriole qui z’appellent comm’ ça eux
zautres un autobus, jeun’sentons tout serré, tout gueurdi et tout racornissou. Enfin après qu’j’euyons
paillé, je j’tons un coup d’œil tout alentour de nott peursonne et qu’est-ceu queu jeu voyons-ti pas ?un
grand flandrin avec un d’ces cous et un d’ces couv-la-tête pas ordinaires. Le cou, l’était trop long.
L’chapiau l’avait dla tresse autour, dame oui. Et pis, tout à coup, le voilà-ti pa qui s’met en colère ? Il a dit
des paroles de la plus grande méchanceté à un pauv’ messieu qu’en pouvait mais et pis après ça l’est allé
s’asseoir, le grand flandrin.
Bin, c’est des choses qu’arrivent comme ça que dans une grande ville. Vous vous figurerez-vous-ti pas
qu’l’avons dnouveau rvu, ce grand flandrin.
Pas plus tard que deux heures après, dvant une grande bâtisse qui pouvait bien être queuqu’chose
comme le palais dl’évêque de Pantruche, comme i disent eux zautres pour appeler leur ville par son petit
nom. L’était là lgrand flandrin dson espèce et qu’est-ce qu’i lui disait l’autt feignant dson espèce ? Li disait,
l’autt feignant dson espèce, l’i disait : « Tu devrais tfaire mett sbouton-là un ti peu plus haut, ça srait ben
pluss chouette. » Voilà cqu’i lui disait au grand flandrin, l’autt feignant dson espèce. »

et enfin, ma version préférée, « Ensembliste » :

« Dans l’autobus S considérons l’ensemble A des voyageurs assis et l’ensemble D des voyageurs debout. À
un certain arrêt, se trouve l’ensemble P des personnes qui attendent. Soit C l’ensemble des voyageurs qui
montent; c’est un sous-ensemble de P et il est lui-même l’union de C’ l’ensemble des voyageurs qui
restent sur la plate-forme et de C » l’ensemble de ceux qui vont s’asseoir. Démontrer que l’ensemble C » est
vide.
Z étant l’ensemble des zazous et {z} l’intersection de Z et de C’, réduite à un seul élément. À la suite de la
surjection des pieds de z sur ceux de y (élément quelconque de C’ différent de z), il se produit un
ensemble M de mots prononcés par l’élément z. L’ensemble C » étant devenu non vide, démontrer qu’il se
compose de l’unique élément z.
Soit maintenant P l’ensemble des piétons se trouvant devant la gare Saint-Lazare, {z, z’} l’intersection de
Z et de P, B l’ensemble des boutons du pardessus de z, B’ l’ensemble des emplacements possibles des
dits boutons selon z’, démontrer que l’injection de B dans B’ n’est pas une bijection. »

Peut-être avez-vous eu la chance d’étudier ce livre au cours de votre scolarité. Je l’ai personnellement découvert il y a peu… Raymond Queneau est un auteur dont je vais dévorer beaucoup de livres je pense 😀

A votre avis !

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Atala, de François René de CHATEAUBRIAND

Je vous propose aujourd’hui la lecture d’un classique, court rassurez-vous, exceptionnel dites le vous !

Quelle fraîcheur ! Quelle joie de lire de telles lignes, si raffinées, si précises et subtiles. Atala, ou Pocahontas diront certains coquins, est la féminité sauvage incarnée. Une beauté que l’on devine, une sensualité teintée de pudeur : mélange exquis.

L’histoire de ce classique, bah, finalement pas si intéressante que cela tant le plaisir des mots et de leur impact est élevé. Le lyrisme est omniprésent et berce, il suffit de lâcher prise… d’écouter la nature… d’écouter les mots.

Une magnifique lecture.

La vie vaut la peine d’être vécue les z’amis, j’vous l’dis ! 😀

 Un petit extrait, pour achever de vous convaincre : « Les perpétuelles contradictions de l’amour et de la religion d’Atala, l’abandon de sa tendresse et la chasteté de ses mœurs, la fierté de son caractère et sa profonde sensibilité, l’élévation de son âme dans les grandes choses, sa susceptibilité dans les petites, tout en faisait pour moi un être incompréhensible. Atala ne pouvait pas prendre sur un homme un faible empire : pleine de passions, elle était pleine de puissance ; il fallait ou l’adorer ou la haïr. »

Finem Spicere,

Monsieur Touki

 

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Poème sur le désastre de Lisbonne, de VOLTAIRE

Bien des parallèles peuvent être dressés de ce poème hautement polémique de Voltaire narrant une catastrophe naturelle. Qu’aurait-il écrit sur des catastrophes qui ne le sont pas?

O malheureux mortels ! ô terre déplorable !
O de tous les mortels assemblage effroyable !
D’inutiles douleurs éternel entretien !
Philosophes trompés qui criez: « Tout est bien »
Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l’un sur l’autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l’horreur des tourments leurs lamentables jours !
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous : « C’est l’effet des éternelles lois
Qui d’un Dieu libre et bon nécessitent le choix » ?
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
« Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes » ?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices ?
Lisbonne est abîmée, et l’on danse à Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages :
Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.
Croyez-moi, quand la terre entrouvre ses abîmes,
Ma plainte est innocente et mes cris légitimes. […]
Que peut donc de l’esprit la plus vaste étendue?
Rien; le livre du sort se ferme à notre vue.
L’homme, étranger à soi, de l’homme est ignoré.
Que suis-je, où suis-je, où vais-je, et d’où suis-je tiré ?
Atomes tourmentés sur cet amas de boue
Que la mort engloutit et dont le sort se joue,
Mais atomes pensants, atomes dont les yeux,
Guidés par la pensée, ont mesuré les cieux;
Au sein de l’infini nous élançons notre être,
Sans pouvoir un moment nous voir et nous connaître.
Ce monde, ce théâtre et d’orgueil et d’erreur,
Est plein d’infortunés qui parlent de bonheur.
Tout se plaint, tout gémit en cherchant le bien-être :
Nul ne voudrait mourir, nul ne voudrait renaître.
Quelquefois, dans nos jours consacrés aux douleurs,
Par la main du plaisir nous essuyons nos pleurs;
Mais le plaisir s’envole, et passe comme une ombre;
Nos chagrins, nos regrets, nos pertes sont sans nombre.
Le passé n’est pour nous qu’un triste souvenir;
Le présent est affreux, s’il n’est point d’avenir,
Si la nuit du tombeau détruit l’être qui pense.
Un jour tout sera bien, voilà notre espérance;
Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion.
Les sages me trompaient, et Dieu seul a raison.
Humble dans mes soupirs, soumis dans ma souffrance,
Je ne m’élève point contre la Providence.
Sur un ton moins lugubre on me vit autrefois
Chanter des doux plaisirs les séduisantes lois :
D’autres temps, d’autres mœurs : instruit par la vieillesse,
Des humains égarés partageant la faiblesse
Dans une épaisse nuit cherchant à m’éclairer,
Je ne sais que souffrir, et non pas murmurer.
Un calife autrefois, à son heure dernière,
Au Dieu qu’il adorait dit pour toute prière:
« Je t’apporte, ô seul roi, seul être illimité,
Tout ce que tu n’as pas dans ton immensité,
Les défauts, les regrets, les maux et l’ignorance. »
Mais il pouvait encore ajouter l’espérance.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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