RSS

Archives de Catégorie: Politique

Matin Brun, de Franck PAVLOFF

Je me rappelle de ce livre. Je l’ai lu, il y a fort longtemps.

Je l’ai aperçu, dans une librairie luxembourgeoise, cet après-midi.

1,50€, mon choix a été rapide.

11, voici le nombre de pages. La lecture est rapide. Oui, mais dense.

Pavloff surprend, en peu de mots, il décrit l’absurdité du totalitarisme, de l’effet de masse, de l’inconscience collective. Avoir un animal domestique autre que brun est interdit mais accepté. Avoir eu un animal autre que brun finit par l’être aussi.

Réflexion intense. Respect profond pour une oeuvre à lire, même pour les non lecteurs.

Une citation révélatrice d’un livre hors du commun :

« Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles.« 

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Salam Shalom, de Jean-François PATRICOLA

« Le Temps : il a filé à l’anglaise, en 1948, sans demander son reste. Aujourd’hui, il court toujours. Plus personne ne le rattrapera désormais tant son avance est grande. »

En cette très brève période de cessez-le-feu au Proche-Orient, il me paraissait opportun de présenter ce livre, par endroits, littéralement exceptionnel.

A travers la douleur, le conflit est abordé. A travers une souffrance physique à peine descriptible, ses affects sous-jacents sont caressés.

L’histoire, si incroyable soit ou fût-elle, est celle d’un israélien et d’un palestinien… tous deux blessés grièvement, le premier nécessitant rapidement une greffe du cœur, l’autre, condamné à la mort, n’étant qu’esprit et douleur inintelligible. Malgré eux, la transplantation a lieu. Torsade des convictions. Un comble commun. La mort de la foi.

Tout en prose, tout en culture plus ou moins bien distillée, Jean-François Patricola livre une œuvre d’une très grande subtilité sur un sujet devenu, au fur et à mesure de son histoire, éminemment complexe. A la subtilité se joint inévitablement une ironie immensément savoureuse.

«  L’avions-nous trouvée cette nuit, notre Nuit ? Il est probable. Nous nous réveillâmes de concert : en ouvrant les yeux, je l’entendis battre et me saluer. En battant, il entendit mon corps s’étirer à la vie et lui rendre hommage. Nouvel armistice ! Au dire du chirurgien, nous l’avions échappé belle. De cela, je me réjouissais. Lui également. La chimère et le mensonge avait comme disparu de nos lèvres et oreillettes. La Nuit les avait bus d’un trait ; noyés dans son ventre noir et plat. On ne les reverrait jamais plus. C’était à espérer. Il me dit : « Dieu est mon seigneur et le vôtre ; j’ai mes œuvres et vous avez les vôtres ; point de dispute entre nous. Dieu nous réunira tous, car il est le terme de toutes choses . » J’acquiescai et répondit : « Mi hu haham ? Chelomed mikol adam*». Armistice. Dont acte. Interstice dans le voile de nos consciences. Dans cette perspective, nos rapports au monde sont changés. La donne est autre. Point d’échec et mat. Après différentes tentatives de blocage, d’échange, de gambit acceptés ou non. Passes d’armes vaines. Partie nulle ; à moins que ce ne soit un pat ; pour lui tout aussi bien que pour moi. Une victoire à la Pyrrhus. »  *Qui est sage? Celui qui apprend quelque chose de chacun.

A lire, absolument. Absolument.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 
 
%d blogueurs aiment cette page :