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Archives de Catégorie: XIXème siècle

Fêtes galantes – L’oeuvre manuscrite, de Paul VERLAINE

Fêtes galantes

« Quelle émotion que de retrouver la main vivante du poète ! » 

Lire Verlaine est magique. Alors lire l’écriture même de Verlaine….est ineffable.

Le mérite revient également à l’éditeur : Bibliothèque de l’Image.
Je m’y attarderai plus longuement dans un article que je leur consacrerai.

Le tout est élégant, épuré, le toucher est doux, la papier d’une bonne qualité. L’expérience est réellement unique, bien différent d’une édition classique dactylographiée.

Intéressant…

Finem Spicere,

Monsieur Touki

 

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Le Spleen de Paris, de Charles BAUDELAIRE

La vérité les gens, je suis bien content d’écrire cet article ! 🙂

Laissez-vous transporter par la prose suivante, on en discute après :

« Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l’eau d’une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l’air.

Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens! tout ce que j’entends dans tes cheveux! Mon âme voyage sur le parfum comme l’âme des autres hommes sur la musique.

Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l’espace est plus bleu et plus profond, où l’atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.

Dans l’océan de ta chevelure, j’entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d’hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l’éternelle chaleur.

Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d’un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.

Dans l’ardent foyer de ta chevelure, je respire l’odeur du tabac mêlé à l’opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l’infini de l’azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m’enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l’huile de coco.

Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs. »

Bon, hors de question de sombrer dans une scolaire lecture analytique. Encore une fois, désolé mon ami(e) lycéen(ne) de seconde ou première héhé, mais là, je cherche juste à vivre le texte et pas à chercher ou inventer les mécanismes du subconscient de Charlinou, au prétexte, non pas de paraître intelligent mais simplement d’avoir une bonne note ! C’est fini ce temps là ! 😉

Vivre donc, ce texte. Ressentir la chaleur du poil. Voir, halluciner des événements, des lieux. Franchement, c’est avec un texte pareil que l’on saisit la finesse de l’esprit humain. Quand nos soi-disants cousins proches chimpanzés et bonobos s’épouillent, l’être humain, lui, voit dans les cheveux un « port foumillant de chants mélancoliques » ou encore « de longues heures passées sur un divan« … Ca me laisse pensif, rêveur…

Charlinou adorait voyager. Il aura beaucoup voyagé d’ailleurs. Il transmet cela avec une force rare. La poésie est évidente, elle transparaît… Chez nous, la transe paraît…. 😉

Il y en a d’autres dans ce recueil, des poèmes en prose… beaucoup ont été étudiés, décortiqués, combien ont-ils été vécus? Loin de toute pression académique…

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

 

 

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Atala, de François René de CHATEAUBRIAND

Je vous propose aujourd’hui la lecture d’un classique, court rassurez-vous, exceptionnel dites le vous !

Quelle fraîcheur ! Quelle joie de lire de telles lignes, si raffinées, si précises et subtiles. Atala, ou Pocahontas diront certains coquins, est la féminité sauvage incarnée. Une beauté que l’on devine, une sensualité teintée de pudeur : mélange exquis.

L’histoire de ce classique, bah, finalement pas si intéressante que cela tant le plaisir des mots et de leur impact est élevé. Le lyrisme est omniprésent et berce, il suffit de lâcher prise… d’écouter la nature… d’écouter les mots.

Une magnifique lecture.

La vie vaut la peine d’être vécue les z’amis, j’vous l’dis ! 😀

 Un petit extrait, pour achever de vous convaincre : « Les perpétuelles contradictions de l’amour et de la religion d’Atala, l’abandon de sa tendresse et la chasteté de ses mœurs, la fierté de son caractère et sa profonde sensibilité, l’élévation de son âme dans les grandes choses, sa susceptibilité dans les petites, tout en faisait pour moi un être incompréhensible. Atala ne pouvait pas prendre sur un homme un faible empire : pleine de passions, elle était pleine de puissance ; il fallait ou l’adorer ou la haïr. »

Finem Spicere,

Monsieur Touki

 

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ZWEIG, Stefan (1881-1942)

I) L’HOMME

  • né à Vienne, en Autriche 😉
  • fils d’un riche industriel israélite
  • enfance et adolescence paisible, il mena les études qu’il souhaita
  • rapide penchant pour la littérature et la philosophie
  • à 23 ans, docteur en philosophie… mais respect quoi !!!
  • voyage à Paris, rencontre avec Jules Romains
  • très grand voyageur
  • Voyage en Belgique, rencontre avec Emile Verhaeren, ami intime, son traducteur et biographe, et ouais
  • Vécut à Rome, à Florence, rencontre avec Ellen Key (il en a rencontré du monde !!)
  • Voyages en Angleterre, aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique
  • Séjour d’une année en Inde
  • Vit mal la première guerre mondiale, quelques écrits pour s’en insurger
  • Victime des autodafés nazis
  • 1934 : part en Angleterre, y fait la biographie de Marie Stuart
  • De nouveaux voyages dans les Amériques et en Europe
  • La guerre éclate, il voit les ténèbres à venir et part donc aux Etats-Unis pour se vider l’esprit
  • Va ensuite au Brésil pour changer d’air, il n’y parvient pas
  • Totalement démoralisé par le monde, il prend la décision du suicide, par ingestion médicamenteuse.

II) L’OEUVRE

Poésie

Cordes d’argent
Les Couronnes précoces
Romans et nouvelles

  • Printemps au Prater 
  • L’Étoile au-dessus de la forêt 
  • Les Prodiges de la vie 
  • L’Amour d’Érika Ewald
  • La Marche
  • La Scarlatine 
  • Première épreuve de vie. Quatre histoires du pays des enfants : Conte crépusculaireLa GouvernanteBrûlant secret, et Le Jeu dangereux
  • Amok
  • La femme et le paysage
  • La Nuit fantastique
  • La Ruelle au clair de lune
  • Lettre d’une inconnue
  • La Confusion des sentiments
  • Vingt-quatre heures de la vie d’une femme
  • Destruction d’un cœur
  • Un mariage à Lyon
  • Dans la neige
  • La croix
  • Histoire d’une déchéance
  • La légende de la troisième colombe
  • Au bord du lac Léman
  • La contrainte 
  • La Peur
  • Révélation inattendue d’un métier
  • Leporella
  • Le Bouquiniste Mendel
  • La Collection invisible 
  • Le voyage dans le passé 
  • Le Jeu dangereux
  • Le Chandelier enterré
  • Rachel contre Dieu
  • Virata
  • Un soupçon légitime
  • Les Deux jumelles
  • La Pitié dangereuse 
  • Le Joueur d’échecs 
  • Un homme qu’on n’oublie pas 
  • Ivresse de la métamorphose
  • Clarissa, roman inachevé, retrouvé dans les archives de Zweig en 1981, et portant la mention suivante : « Vu à travers l’expérience d’une femme, le monde entre 1902 et le début de la guerre »

Théâtre

  • Thersite 
  • La Maison au bord de la mer 
  • Le Comédien métamorphosé. Un divertissement du Rococo allemand 
  • Jérémie
  • Légende d’une vie
  • Volpone 
  • L’Agneau du pauvre
  • Un caprice de Bonaparte

Essais et biographies

  • Émile Verhaeren : sa vie, son œuvre 
  • Souvenirs sur Émile Verhaeren 
  • Marceline Desbordes-Valmore : son œuvre
  • Romain Rolland : sa vie, son œuvre 
  • Trois Maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski 
  • Le Combat avec le démon : Kleist, Hölderlin, Nietzsche 
  • Les Très riches heures de l’humanité
  • Trois poètes de leur vie : Stendhal, Casanova, Tolstoï 
  • Joseph Fouché 
  • La guérison par l’esprit : Mesmer, Mary Baker-Eddy, Freud 
  • Marie-Antoinette 
  • Érasme, Grandeur et décadence d’une idée 
  • Marie Stuart 
  • Conscience contre violence 
  • Magellan
  • Amerigo, Récit d’une erreur historique 
  • Le Brésil, terre d’avenir 
  • Balzac, le roman de sa vie
  • Hommes et destins
  • Le Mystère de la création artistique 
  • Le Monde sans sommeil 
  • Aux Amis de l’étranger 
  • Montaigne. 
  • Le Monde d’hier. Souvenirs d’un Européen 
  • En cette heure sombre 

Correspondance

  • Sigmund Freud-Stefan Zweig,
  • Arthur Schnitzler-Stefan Zweig 
  • Richard Strauss-Stefan Zweig
  • Friderike Zweig-Stefan Zweig, L’Amour inquiet
  • Romain Rolland-Stefan Zweig 
  • Amélie Breton-Stefan Zweig
  • Émile Verhaeren-Stefan Zweig

III) LES IDÉES

  • Zweig est un amoureux des langues et notamment des langues étrangères, il produira de remarquables traduction de Suarés, Rolland, Baudelaire, Rimbaud et Verlaine, entre autres.
  • Il était également un pacifiste convaincu, considérant les conflits entre les hommes comme abjects. Il s’insurgea des conflits mondiaux dans différents écrits comme dans Ivresse de la métamorphose.
  • Peut-être naïvement, il est dégoûté de l’humanité à la fin de sa vie et ne parvient plus à trouver la foi en sa patrie, l’Europe, oui, l’Europe. Il laisse ces derniers mots pour ponctuer une oeuvre et une vie, que l’on peut qualifier, à bien des égards, de magnifique.

« Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j’éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m’a procuré, ainsi qu’à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j’ai appris à l’aimer davantage et nulle part ailleurs je n’aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l’Europe, s’est détruite elle-même.

Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d’errance. Aussi, je pense qu’il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.

Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l’aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux. »

 

Notre-Dame de Paris, de Victor HUGO

Ah la jolie Esmeralda, elle me remue les…. méninges du souvenir !

Je me souviens avoir fait la cour à une femelle en citant différents passages de ce livre…. cela dut être suffisamment touchant puisque je reçus en échange un verre de Coca-Cola et 4 ans d’une relation somme toute amoureuse. 😀

Rappeler l’histoire du Bossu de Notre-Dame n’est pas d’un intérêt primordial mais il convient de segmenter ce pavé de 750 pages:

  • 50 pages pompeuses et inutiles au moment de la description architecturale et historique de toutes les rues de Paris! J’exagère à peine… 😉
  • 450 pages agréables, vivantes ie rythmées
  • 250 pages, les dernières, qui font probablement partie des plus beaux passages romanesques jamais écrits.

Deux ressentis principaux:

  • pendant la lecture : cette impression irréelle d’être « hors du temps », cette envie inexorable et inconsciente d’avaler les pages, d’avancer, de lire toujours plus vite, encore plus vite, cette impression du « jamais assez vite ».
  • après la lecture : un bourdonnement spirituel assourdissant. Je me souviens parfaitement du moment où j’ai posé ce livre et des instants qui ont suivi. J’étais sur ma chaise, en balancier précaire, les jambes sur mon bureau, le cou à 90°. J’ai posé le livre, sur mon buste, puis sur mes jambes… il est tombé au sol… Je me suis levé instantanément, brusquement, le ramassant, l’inspectant, le fixant, incrédule. Puis le vide, un vide bruyant…. En réalité, peu aidé par une bouche pâteuse synonyme de déshydratation, j’avais un SACRE MAL DE CRÂNE. Vous comprenez mieux le fameux bourdonnement spirituel machin truc. 😉 Toujours est-il qu’il était présent!

Je ne saurais faire autre chose que recommander ce délice de roman romantique.

A vous de raconter votre expérience et ressenti de lecture 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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