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Syllogismes de l’amertume, d’Emil Michel CIORAN

«  Ne me demandez plus mon programme : respirer, n’en est-ce pas un ? »

L’apophtegme revisité, à son apogée. Cioran est un maître en la matière, oui, mais il est toujours aussi peu drôle.

Bouark, voici ce que je ressens, en substance, tout au long de cette lecture, saccadée, au rythme des préceptes.

Saccadé et non pas sac à idées, cet ouvrage pèse. Il pèse sur la vie, sur ma vie, m’interroge alors que je préfèrerais ne pas le faire. La vie est un fardeau oserais-je déduire de cette lecture… la vie est une chance me suis-je toujours dit, en suis-je réellement convaincu… ?

Et bien merci M’sieur Cioran, je me remets en question tiens. Ma vision est altérée, erronée, incomplète. Je me sens patraque, perplexe. Maussade. Un sentiment que je n’ai pas pour habitude d’avoir.

Le ressenti demeure intéressant… la prise de tête interne débute…. OH ET PUIS FUCK Emil, tu me les brises sérieusement à force ! Je veux ne pas penser à un soi disant, prétendu et surtout impossible à prouver, poids de la vie !

Sentiment de révolte, de rage. Je dis NON. Je dis non à ce foutu et surtout perfide sentiment qui se propage, veut me ronger, m’user. Ma vie est belle. Oui.

Merci Emil, pour cette piqûre de rappel.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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L’homme qui voulait être heureux, de Laurent GOUNELLE

 

 

Nous sommes ce que nous pensons. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde”  Bouddha.

 

Je tiens tout d’abord à préciser que je n’adhère à aucune religion en particulier : je m’intéresse à toutes, à leur façon de voir le monde et d’aborder les évènements qu’offre la vie.

 Le titre peut en rendre sceptique plus d’un, pensant peut être que le bonheur n’existe pas, que la quête de soi n’est qu’idiotie et perte de temps, qu’il est inutile de se poser autant de questions auxquelles, bien souvent, nous n’avons pas de réponse. Toutefois, je me permettrai de leur demander d’essayer de « s’arrêter » deux minutes et de penser à eux, en tant qu’individu ; de penser à leur vie actuelle, à leur vie rêvée. Et j’aimerai savoir quelles seraient leurs réponses.

 Dans cet ouvrage, M.Gounelle nous livre son savoir, acquis durant sa carrière de psychologue et d’hypno-thérapeute, dans un style simple et accessible ; rendant la lecture et les dialogues entre un homme et un vieux guérisseur « évidents ».  Son style peut toutefois être considéré par certain comme simpliste et niais : « Quand on se voit moche, les autres nous voient moches. Les autres nous voient comme nous nous voyons nous-mêmes ».  Quant à moi, le fait d’appeler un chat un chat et d’être aussi direct, rend les dialogues beaucoup plus « frappants » et « réalistes » ; il ne nous noie pas dans du jargon thérapeutique.

 Ce qui m’a réellement « frappé » dans ce livre, sont les dires du vieux guérisseur sur la forces des croyances : « Quand on est convaincu d’une chose, elle devient la réalité, notre réalité ». Il « trace » une sorte de « cercle de résultat » qui aurait pour source les croyances. Ces croyances détermineraient le comportement de l’individu et influenceraient ses relations avec autrui qui elles renforceraient à leur tour les croyances de l’individu.

L’auteur tente d’amener le personnage principal à prendre conscience des barrières qui l’empêchent d’être totalement heureux.

 Il donne en exemple plusieurs expériences, réalisées par des chercheurs américains dans les années 70-80, qui permettent de bien comprendre la force des croyances qu’un individu peut développer, les conséquences qu’elles peuvent avoir sur l’individu, sur son esprit et même son corps.

 Je pense que pour pouvoir apprécier ce livre, il faut être capable de laisser de côté son pragmatisme et faire preuve d’une grande ouverture d’esprit. Je pense également que ce livre est fait pour les personnes aimant se triturer les méninges avec des questions relatives à l’individu, sa vie, son avenir etc… et non pour celles ayant un surplus de confiance en elles ou étant à quelque doigts d’avoir trouvé le bonheur, leur bonheur.

Finem Spicere,

Mademoiselle Dona Rosa

 
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Publié par le 21 janvier 2014 dans Philosophie, Psychologie, Roman, Sociologie

 

Paris l’instant, de Philippe DELERM

Paris, ville magnifique. Paris, ville poétique.

Dans un style décontracté, Delerm propose un mélange subtil de prose, entre photographie et écriture. Au moment de la lecture, je ne connaissais pas Paris. Je ne m’y étais rendu qu’une seule fois, à Roland Garros pour être précis donc autant dire que je ne m’étais pas réellement attendri devant les finesses et relents poétiques que peut inspirer cet endroit.

La lecture aura donc été, non pas absconse mais bel et bien fade et faible en ressenti. Un travail de pastiche m’avait été demandé et je m’étais focalisé sur la ville de Limoges. « Ecrire à la manière de » m’a permis de pouvoir apprécier a posteriori cet ouvrage.

«  On vient d’en bas. De cette chaleur moite des entrailles du métro qui se mêle curieusement à l’impeccabilité clinique des carreaux blancs de faïence de la voûte. Le regard morne, on a marché vers la sortie – à part les deux ou trois premiers qui grimpent quatre à quatre, les autres ont pris le rythme résigné, rien ne dépasse, chaque homme reste une île. »

J’aimerais bien avoir le retour et le ressenti des parisiens sur cet ouvrage… notamment de ceux qui travaillent tous les jours, prennent la ligne 1 et se retrouvent avec plaisir, engoncés dans le métro pendant l’intégralité du trajet, à contempler avec un déplaisir à peine feint les borborygmes endormis des voyageurs quotidiens.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Silbermann, de Jacques de LACRETELLE

« Il avait été deux fois premier lors des compositions. Ce succès avait suscité des jalousies parmi les rangs des bons élèves. Et comme il lui échappait quelquefois une ironie méprisante à l’adresse des cancres, il n’y avait pas moins d’animosité contre lui aux autres degrés de la classe. Les choses commencèrent par des taquineries assez innocentes; elles furent un peu encouragées par l’insouciance de la plupart de nos professeurs qui, malgré ses bonnes places, n’aimaient pas Silbermann.« 

Un superbe livre pour de multiples ressentis.

Silbermann est juif et le narrateur, protestant. Nous sommes au début du vingtième siècle : leur amitié est difficile mais point inéluctablement.

J’en ai connu des Silbermann, version cancre. Beaucoup. Un m’a marqué. Ce livre m’y a paradoxalement fait penser.

J’étais en 4ème (système français) et il y en avait un, qui faisait tout pour bien se faire voir mais qui, en raison de quelques boulettes de comportement, était un véritable bouc-émissaire. Le cercle vicieux de l’injustice aidant, il commençait vraiment à déraper…

Je tenais à ce moment-là, attention, accrochez-vous, le CLUB LECTURE de mon collège qui, en gros, choisissait les livres que la bibliothèque (CDI) devait acheter. Nous étions un petit groupe et chaque semaine nous présentions à l’oral et à l’écrit nos lectures de la semaine… Je l’ai convié à plusieurs séances… et il a fini par venir tous les jours. A la fin de l’année, il était devenu mon second. il passait plus de temps au Club lecture qu’ailleurs… Le plus grand paradoxe de cette histoire ? Sa réputation n’a pas faibli d’un poil. Mais lui, allait mieux et c’est bien là l’essentiel.

Un livre fort car bon, nous avons tous connu notre Silbermann.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Premier amour, d’Ivan TOURGUENIEV

« Mon fils, méfie-toi de l’amour d’une femme, méfie-toi de ce bonheur, de ce poison… »

Ouais, et bien, désolé monsieur le papa de Vladimir mais moi, j’espère bien qu’un jour et bien, une femme, et bien, elle m’aimera de tout son être et que, et bien, et moi, et bien, je serai heureux comme l’homme le plus heureux du monde ! Na.

« Oui, ok, mais c’est qui Vladimir ? » pourriez-vous me répondre d’un ton totalement indifférent à mon soliloque infantile d’introduction. Ben Vladimir, en gros, c’est un peu Ivan Tourgueniev déguisé. C’est le héros du livre. C’est un ado post-pubère – 16 ans quand même – qui découvre ce qu’est l’amour.

Il s’éprend de sa – attention accrochez-vous – VOISINE ! Non mais quelle idée.

Celle-ci est apparemment, très jolie, fine, douce, virevoltante dans son jardin….. et surtout dans son lit avec de parfaits et très nombreux inconnus. Bon, jusque là, rien de bien folichon me direz-vous….

Patience, car le folichon arrive, substantif s’il en est ! Un jour, qui tombe dans les bras de cette zolie fille ? Je vous le donne en mille, l’auteur de la citation initiale : le papa de Vladimir. Erf. Et en plus devant les yeux de son fils, épiant.

J’vous raconte pas le tintamarre interne de ce pauvre Vladimir…. s’ensuivent des pages et des pages de langueur, de pleurnichements à peine voilés, de pessimisme vraiment déprimant…… jusqu’à la fin, ouf, où tout s’enchaîne et retombe sur ses pattes. Quand je dis « pattes », je veux évidemment évoquer la « logique morale » de l’époque…. mais bon, je n’en dirais pas plus….

Bon, mon ressenti : mitigé.

Le début est exceptionnel, je vibre à la place de Vladimir, je suis à sa place, je vis à travers lui, j’ai envie d’embrasser cette charmante demoiselle, de la serrer dans mes bras, de lui montrer certains lieux qu’elle ne connaît pas…. oui, bon, ok, peut-être que je transcende un peu le petit Vladimir là…. Toujours est-il que le style est épuré et finalement, évident.

En revanche, je conseille à tous lecteurs d’avoir le moral accroché et d’avoir une vision de la vie en rose avant de lire la seconde partie… 

A vous de me donner votre avis !

Finem Spicere

Monsieur Touki.

PS : ah oui, et je suis content de revenir entretenir mon blog. L’envie m’est revenue. J’enchaîne de nouveau les lectures. J’avale les livres.

 
 

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L’Orthographe est un jeu, de Nicole RICALENS-POURCHOT

 

Après le Kamasutra, l’Orthographe ! Si vous me disiez un jovial « mais rien à voir ! » je vous répondrais, d’un ton à peine malicieux, « bah si, ça s’apprend à l’école ! ». Une minute après, vous auriez déguerpi, certes…

BREF, l’Orthographe. Mais oui que c’est un jeu. L’orthographe est, avouons-le, un peu chiantounette, avec beaucoup d’exceptions, d’incohérences, de résidus d’ignorance… mais elle n’en demeure pas moins source de jeux incroyables.

« C’est le pompon ! Certains mots se permettent des extravagances en renonçant au m devant b, p et m. »

Ainsi à travers 50 jeux disséminés dans 12 chapitres, la linguiste au nom composé prédestiné, Nicole Ricalens-Pourchot, vous emmène dans la cour de récré. Et pourquoi ci? Et pourquoi pas comme ça ?

Ainsi vous aurez tout loisir à trouver la solution de problèmes plus complexes les uns que les autres :

Exemple : jeu FOUILLIS, remettez le mot dans l’ordre

a) SUNCCITC : bref. (j’y réfléchis encore aujourd’hui)

b) DRAIRHERE : colique (mon imagination s’y refuse même si a) 😉 )

… et plein d’autres encore plus insolubles.

Vous l’aurez compris, en tant qu’amateur de jeux de mots bidons à défauts d’être bidonnants, j’ai beaucoup apprécié ce livre simple, accessible et toujours instructif.

Un chouette moment pour 3€ que l’on peut, en plus, partager aisément avec autrui.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

 

 
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Publié par le 17 juillet 2013 dans "Est un jeu", Inter nos, Les collections

 

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Le Spleen de Paris, de Charles BAUDELAIRE

La vérité les gens, je suis bien content d’écrire cet article ! 🙂

Laissez-vous transporter par la prose suivante, on en discute après :

« Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l’eau d’une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l’air.

Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens! tout ce que j’entends dans tes cheveux! Mon âme voyage sur le parfum comme l’âme des autres hommes sur la musique.

Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l’espace est plus bleu et plus profond, où l’atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.

Dans l’océan de ta chevelure, j’entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d’hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l’éternelle chaleur.

Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d’un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.

Dans l’ardent foyer de ta chevelure, je respire l’odeur du tabac mêlé à l’opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l’infini de l’azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m’enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l’huile de coco.

Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs. »

Bon, hors de question de sombrer dans une scolaire lecture analytique. Encore une fois, désolé mon ami(e) lycéen(ne) de seconde ou première héhé, mais là, je cherche juste à vivre le texte et pas à chercher ou inventer les mécanismes du subconscient de Charlinou, au prétexte, non pas de paraître intelligent mais simplement d’avoir une bonne note ! C’est fini ce temps là ! 😉

Vivre donc, ce texte. Ressentir la chaleur du poil. Voir, halluciner des événements, des lieux. Franchement, c’est avec un texte pareil que l’on saisit la finesse de l’esprit humain. Quand nos soi-disants cousins proches chimpanzés et bonobos s’épouillent, l’être humain, lui, voit dans les cheveux un « port foumillant de chants mélancoliques » ou encore « de longues heures passées sur un divan« … Ca me laisse pensif, rêveur…

Charlinou adorait voyager. Il aura beaucoup voyagé d’ailleurs. Il transmet cela avec une force rare. La poésie est évidente, elle transparaît… Chez nous, la transe paraît…. 😉

Il y en a d’autres dans ce recueil, des poèmes en prose… beaucoup ont été étudiés, décortiqués, combien ont-ils été vécus? Loin de toute pression académique…

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

 

 

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