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L’élégance du hérisson, de Muriel BARBÉRY

« Etre pauvre, laide et, de surcroît, intelligente, condamne, dans nos sociétés, à des parcours sombres et désabusés auxquels il faut mieux s’habituer de bonne heure. A la beauté, on pardonne tout, même la vulgarité. L’intelligence ne paraît plus une juste compensation des choses comme un rééquilibrage que la nature offre aux moins favorisés de ses enfants, mais un jouet superfétatoire qui rehausse la valeur du joyau. La laideur, elle, est toujours déjà coupable et j’étais vouée à ce destin, tragique avec d’autant plus de douleur que je n’étais point bête. »

On aime ou aime pas. Le style ampoulé, riche en vocabulaire, TRES riche en vocabulaire même.

Un style qui rappelle par endroit celui de Victor Hugo….non pas que Muriel écrive en alexandrin, non, non, rien de cela, mais une écriture au fouillis culturel qui lui ressemble.

Personnellement, je me suis laissé emporter…d’une traite, ce livre a été bu.

Pédanterie diront certains, génie diront d’autres. On aime ou on aime pas : l’indifférence n’est pas de mise.

Cela, c’est pour le style, la forme. Quid du fond? Paradoxal, des personnages qui sont finalement l’inverse de ce qu’ils prétendent être. Oui, la concierge est bien une concierge et la petite Paloma est bel et bien une personne conformiste à souhait. Mais bon, peut-on les blâmer? Je me sens moi-même unique. Je me pavane avec une tête de loup solitaire mais pourtant, je kiffe les 5 étoiles en sachant pourtant qu’ils détruisent la forêt et je ne dis jamais non à un bon vieux Marvel…

Ces paradoxes, liés à un style divin, rendent un tout subtilement élégant. J’ai hâte de lire d’autres Barbéry.

Finem Spicere,

Monsieur Touki

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Publié par le 7 décembre 2015 dans Inter nos

 

Mes amis mes amours, de Marc LÉVY

Ce livre est le premier que j’ai lu de Marc Levy. Ayant longtemps entendu parler de cet auteur et de ses talents d’écriture, je me suis laissée tenter ; et, quelques jours avant Noël, me voilà ressortie d’une librairie avec quelques uns de ses ouvrages. Etant une romantique dans l’âme, je me suis laissée attendrir par le titre de ce livre et pensais sincèrement y trouver quelque chose qui allait me transcender…

L’histoire: deux pères trentenaires (Antoine et Mathias), tous deux séparés, un étant libraire, l’autre architecte décident, un jour, de « réinventer » la vie en s’installant ensemble dans le quartier français de Londres. Leurs conditions: pas de baby-sitter et aucune présence féminine dans la maison.

On suit la vie quotidienne des personnages, avec ses lots de joie, tristesse, disputes, rencontres, (re)découverte d’émotions, de sentiments qu’ils pensaient perdus ; tout cela dans un style d’écriture simple et agréable.

Toutefois, l’histoire d’amitié relatée dans ce livre n’est pas vraiment celle que je m’étais imaginée. En effet, les deux personnages principaux ne font que se disputer et, à la longue, ça en devient lassant… Antoine est, selon moi, un peu trop directif et son envie de toujours tout contrôler m’a fortement agacée.

Les histoires sont également, à mon goût, un peu trop prévisibles. Par exemple,  Antoine avec sa meilleure amie, Sophie : ils passent énormément de temps ensemble, se rendent des services, se donnent des conseils concernant leur vie sentimentale respective. On sait dès le début ce qu’il se trame entre eux et on se demande quand arrivera le moment où ils arrêteront enfin leurs simagrées et affronteront, une bonne fois pour toute, leurs sentiments.

Aussi, il m’a fallu attendre d’arriver à mi-chemin pour découvrir un personnage attachant et réellement ressentir des émotions, ses émotions: Audrey, c’est un peu moi sentimentalement parlant.

Bref, mon ressenti est assez mitigé.

Je me demande bien ce que les habitués de Levy ont pensé de ce livre.

Finem Spicere,

Mademoiselle Dona Rosa.

 
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Publié par le 3 mars 2014 dans Inter nos

 

Syllogismes de l’amertume, d’Emil Michel CIORAN

«  Ne me demandez plus mon programme : respirer, n’en est-ce pas un ? »

L’apophtegme revisité, à son apogée. Cioran est un maître en la matière, oui, mais il est toujours aussi peu drôle.

Bouark, voici ce que je ressens, en substance, tout au long de cette lecture, saccadée, au rythme des préceptes.

Saccadé et non pas sac à idées, cet ouvrage pèse. Il pèse sur la vie, sur ma vie, m’interroge alors que je préfèrerais ne pas le faire. La vie est un fardeau oserais-je déduire de cette lecture… la vie est une chance me suis-je toujours dit, en suis-je réellement convaincu… ?

Et bien merci M’sieur Cioran, je me remets en question tiens. Ma vision est altérée, erronée, incomplète. Je me sens patraque, perplexe. Maussade. Un sentiment que je n’ai pas pour habitude d’avoir.

Le ressenti demeure intéressant… la prise de tête interne débute…. OH ET PUIS FUCK Emil, tu me les brises sérieusement à force ! Je veux ne pas penser à un soi disant, prétendu et surtout impossible à prouver, poids de la vie !

Sentiment de révolte, de rage. Je dis NON. Je dis non à ce foutu et surtout perfide sentiment qui se propage, veut me ronger, m’user. Ma vie est belle. Oui.

Merci Emil, pour cette piqûre de rappel.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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L’homme qui voulait être heureux, de Laurent GOUNELLE

 

 

Nous sommes ce que nous pensons. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde”  Bouddha.

 

Je tiens tout d’abord à préciser que je n’adhère à aucune religion en particulier : je m’intéresse à toutes, à leur façon de voir le monde et d’aborder les évènements qu’offre la vie.

 Le titre peut en rendre sceptique plus d’un, pensant peut être que le bonheur n’existe pas, que la quête de soi n’est qu’idiotie et perte de temps, qu’il est inutile de se poser autant de questions auxquelles, bien souvent, nous n’avons pas de réponse. Toutefois, je me permettrai de leur demander d’essayer de « s’arrêter » deux minutes et de penser à eux, en tant qu’individu ; de penser à leur vie actuelle, à leur vie rêvée. Et j’aimerai savoir quelles seraient leurs réponses.

 Dans cet ouvrage, M.Gounelle nous livre son savoir, acquis durant sa carrière de psychologue et d’hypno-thérapeute, dans un style simple et accessible ; rendant la lecture et les dialogues entre un homme et un vieux guérisseur « évidents ».  Son style peut toutefois être considéré par certain comme simpliste et niais : « Quand on se voit moche, les autres nous voient moches. Les autres nous voient comme nous nous voyons nous-mêmes ».  Quant à moi, le fait d’appeler un chat un chat et d’être aussi direct, rend les dialogues beaucoup plus « frappants » et « réalistes » ; il ne nous noie pas dans du jargon thérapeutique.

 Ce qui m’a réellement « frappé » dans ce livre, sont les dires du vieux guérisseur sur la forces des croyances : « Quand on est convaincu d’une chose, elle devient la réalité, notre réalité ». Il « trace » une sorte de « cercle de résultat » qui aurait pour source les croyances. Ces croyances détermineraient le comportement de l’individu et influenceraient ses relations avec autrui qui elles renforceraient à leur tour les croyances de l’individu.

L’auteur tente d’amener le personnage principal à prendre conscience des barrières qui l’empêchent d’être totalement heureux.

 Il donne en exemple plusieurs expériences, réalisées par des chercheurs américains dans les années 70-80, qui permettent de bien comprendre la force des croyances qu’un individu peut développer, les conséquences qu’elles peuvent avoir sur l’individu, sur son esprit et même son corps.

 Je pense que pour pouvoir apprécier ce livre, il faut être capable de laisser de côté son pragmatisme et faire preuve d’une grande ouverture d’esprit. Je pense également que ce livre est fait pour les personnes aimant se triturer les méninges avec des questions relatives à l’individu, sa vie, son avenir etc… et non pour celles ayant un surplus de confiance en elles ou étant à quelque doigts d’avoir trouvé le bonheur, leur bonheur.

Finem Spicere,

Mademoiselle Dona Rosa

 
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Publié par le 21 janvier 2014 dans Philosophie, Psychologie, Roman, Sociologie

 

Paris l’instant, de Philippe DELERM

Paris, ville magnifique. Paris, ville poétique.

Dans un style décontracté, Delerm propose un mélange subtil de prose, entre photographie et écriture. Au moment de la lecture, je ne connaissais pas Paris. Je ne m’y étais rendu qu’une seule fois, à Roland Garros pour être précis donc autant dire que je ne m’étais pas réellement attendri devant les finesses et relents poétiques que peut inspirer cet endroit.

La lecture aura donc été, non pas absconse mais bel et bien fade et faible en ressenti. Un travail de pastiche m’avait été demandé et je m’étais focalisé sur la ville de Limoges. « Ecrire à la manière de » m’a permis de pouvoir apprécier a posteriori cet ouvrage.

«  On vient d’en bas. De cette chaleur moite des entrailles du métro qui se mêle curieusement à l’impeccabilité clinique des carreaux blancs de faïence de la voûte. Le regard morne, on a marché vers la sortie – à part les deux ou trois premiers qui grimpent quatre à quatre, les autres ont pris le rythme résigné, rien ne dépasse, chaque homme reste une île. »

J’aimerais bien avoir le retour et le ressenti des parisiens sur cet ouvrage… notamment de ceux qui travaillent tous les jours, prennent la ligne 1 et se retrouvent avec plaisir, engoncés dans le métro pendant l’intégralité du trajet, à contempler avec un déplaisir à peine feint les borborygmes endormis des voyageurs quotidiens.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Silbermann, de Jacques de LACRETELLE

« Il avait été deux fois premier lors des compositions. Ce succès avait suscité des jalousies parmi les rangs des bons élèves. Et comme il lui échappait quelquefois une ironie méprisante à l’adresse des cancres, il n’y avait pas moins d’animosité contre lui aux autres degrés de la classe. Les choses commencèrent par des taquineries assez innocentes; elles furent un peu encouragées par l’insouciance de la plupart de nos professeurs qui, malgré ses bonnes places, n’aimaient pas Silbermann.« 

Un superbe livre pour de multiples ressentis.

Silbermann est juif et le narrateur, protestant. Nous sommes au début du vingtième siècle : leur amitié est difficile mais point inéluctablement.

J’en ai connu des Silbermann, version cancre. Beaucoup. Un m’a marqué. Ce livre m’y a paradoxalement fait penser.

J’étais en 4ème (système français) et il y en avait un, qui faisait tout pour bien se faire voir mais qui, en raison de quelques boulettes de comportement, était un véritable bouc-émissaire. Le cercle vicieux de l’injustice aidant, il commençait vraiment à déraper…

Je tenais à ce moment-là, attention, accrochez-vous, le CLUB LECTURE de mon collège qui, en gros, choisissait les livres que la bibliothèque (CDI) devait acheter. Nous étions un petit groupe et chaque semaine nous présentions à l’oral et à l’écrit nos lectures de la semaine… Je l’ai convié à plusieurs séances… et il a fini par venir tous les jours. A la fin de l’année, il était devenu mon second. il passait plus de temps au Club lecture qu’ailleurs… Le plus grand paradoxe de cette histoire ? Sa réputation n’a pas faibli d’un poil. Mais lui, allait mieux et c’est bien là l’essentiel.

Un livre fort car bon, nous avons tous connu notre Silbermann.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Premier amour, d’Ivan TOURGUENIEV

« Mon fils, méfie-toi de l’amour d’une femme, méfie-toi de ce bonheur, de ce poison… »

Ouais, et bien, désolé monsieur le papa de Vladimir mais moi, j’espère bien qu’un jour et bien, une femme, et bien, elle m’aimera de tout son être et que, et bien, et moi, et bien, je serai heureux comme l’homme le plus heureux du monde ! Na.

« Oui, ok, mais c’est qui Vladimir ? » pourriez-vous me répondre d’un ton totalement indifférent à mon soliloque infantile d’introduction. Ben Vladimir, en gros, c’est un peu Ivan Tourgueniev déguisé. C’est le héros du livre. C’est un ado post-pubère – 16 ans quand même – qui découvre ce qu’est l’amour.

Il s’éprend de sa – attention accrochez-vous – VOISINE ! Non mais quelle idée.

Celle-ci est apparemment, très jolie, fine, douce, virevoltante dans son jardin….. et surtout dans son lit avec de parfaits et très nombreux inconnus. Bon, jusque là, rien de bien folichon me direz-vous….

Patience, car le folichon arrive, substantif s’il en est ! Un jour, qui tombe dans les bras de cette zolie fille ? Je vous le donne en mille, l’auteur de la citation initiale : le papa de Vladimir. Erf. Et en plus devant les yeux de son fils, épiant.

J’vous raconte pas le tintamarre interne de ce pauvre Vladimir…. s’ensuivent des pages et des pages de langueur, de pleurnichements à peine voilés, de pessimisme vraiment déprimant…… jusqu’à la fin, ouf, où tout s’enchaîne et retombe sur ses pattes. Quand je dis « pattes », je veux évidemment évoquer la « logique morale » de l’époque…. mais bon, je n’en dirais pas plus….

Bon, mon ressenti : mitigé.

Le début est exceptionnel, je vibre à la place de Vladimir, je suis à sa place, je vis à travers lui, j’ai envie d’embrasser cette charmante demoiselle, de la serrer dans mes bras, de lui montrer certains lieux qu’elle ne connaît pas…. oui, bon, ok, peut-être que je transcende un peu le petit Vladimir là…. Toujours est-il que le style est épuré et finalement, évident.

En revanche, je conseille à tous lecteurs d’avoir le moral accroché et d’avoir une vision de la vie en rose avant de lire la seconde partie… 

A vous de me donner votre avis !

Finem Spicere

Monsieur Touki.

PS : ah oui, et je suis content de revenir entretenir mon blog. L’envie m’est revenue. J’enchaîne de nouveau les lectures. J’avale les livres.

 
 

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