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Archives de Tag: amitié

Silbermann, de Jacques de LACRETELLE

« Il avait été deux fois premier lors des compositions. Ce succès avait suscité des jalousies parmi les rangs des bons élèves. Et comme il lui échappait quelquefois une ironie méprisante à l’adresse des cancres, il n’y avait pas moins d’animosité contre lui aux autres degrés de la classe. Les choses commencèrent par des taquineries assez innocentes; elles furent un peu encouragées par l’insouciance de la plupart de nos professeurs qui, malgré ses bonnes places, n’aimaient pas Silbermann.« 

Un superbe livre pour de multiples ressentis.

Silbermann est juif et le narrateur, protestant. Nous sommes au début du vingtième siècle : leur amitié est difficile mais point inéluctablement.

J’en ai connu des Silbermann, version cancre. Beaucoup. Un m’a marqué. Ce livre m’y a paradoxalement fait penser.

J’étais en 4ème (système français) et il y en avait un, qui faisait tout pour bien se faire voir mais qui, en raison de quelques boulettes de comportement, était un véritable bouc-émissaire. Le cercle vicieux de l’injustice aidant, il commençait vraiment à déraper…

Je tenais à ce moment-là, attention, accrochez-vous, le CLUB LECTURE de mon collège qui, en gros, choisissait les livres que la bibliothèque (CDI) devait acheter. Nous étions un petit groupe et chaque semaine nous présentions à l’oral et à l’écrit nos lectures de la semaine… Je l’ai convié à plusieurs séances… et il a fini par venir tous les jours. A la fin de l’année, il était devenu mon second. il passait plus de temps au Club lecture qu’ailleurs… Le plus grand paradoxe de cette histoire ? Sa réputation n’a pas faibli d’un poil. Mais lui, allait mieux et c’est bien là l’essentiel.

Un livre fort car bon, nous avons tous connu notre Silbermann.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

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Les Aventures de Tintin, tome 03 : Tintin en Amérique, d’HERGÉ

Tintin en Amérique ou  Tintin Vs Al Capone : fallait oser monsieur RG (Georges Rémi et pas Roland Garros, hein !) !

D’ailleurs tiens, si je ne m’abuse, il est rare que l’auteur belge utilise de véritables noms dans sa série culte. Un Goscinny l’aurait probablement appelé Alcaponix ou encore Granbandidamérix mais non, Hergé assume, il appelle un chat, un chat.

Cette remarque inutile effectuée, revenons un peu sur ce tome ci. Je me souviens très bien qu’il fut mon préféré pendant très longtemps ! Pourquoi? En raison d’une action incessante : ça bouge et ça se tape dessus ! Tintin devient un super-héros qui prendrait l’allure d’un mix entre Walker Texas Ranger, Blueberry, Lucky Luke pour la version comique et même Superman lorsqu’il se pare d’une armure de chevalier et fait un aller-retour tranquillou dans les oubliettes (avec l’escalier en colimaçon qui va avec), un revolver à la main, pour sauver Milou chéri.

Ah, et il y a toujours des minis polémiques, sur les indiens cette fois : Hergé est suspecté de racisme…. bah, de tout façon, il est mort, donc on s’en fiche si à l’époque il l’était… C’était la phrase cynique du jour !

Allez, un poil de cynisme supplémentaire avec cette citation savoureuse : « Monsieur Tintin ! Monsieur Tintin ! Ecoutez-moi ! Laissez-moi vous convertir à la nouvelle religion néo-judéo-bouddho-islamo-américaine, dont les dividendes sont les plus élevés in the world ! »

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

Dans la même série :

Tintin au Congo

 
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Publié par le 11 mars 2013 dans Le coin BD, Les aventures de Tintin

 

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Les Aventures de Tintin, tome 02 : Tintin au Congo, d’HERGÉ

Tintin !! Mais oui, Tintin !! Pour mon premier article sur une bande dessinée, je ne pouvais que choisir cette série exceptionnelle, qui aura rythmé mon enfance, mon adolescence et qui va encore me faire rythmer tant le plaisir d’ouvrir à nouveau ces BD poussiéreuses, aux pages « craquelantes », aux histoires indémodables, est grand.

Tintin au Congo, vous pouvez soit le lire en noir et blanc, comme les neufs premiers tomes, soit en couleur*, mais avec encore des noirs et des blancs à l’intérieur…. 🙂 Ouch ! « Quelle blague ! De plus en plus drôle dites-moi », me diriez-vous à mi chemin entre l’ironie et le désespoir qu’un jour je cesse ces foutues blagounettes ridicules et nuuuuuuuuuuuulles !

Oui, mais voilà, j’ai une bonne raison : ce tome ci aura fait polémique et aura été accusé d’être une oeuvre raciste !! Alors, mettons les points sur les points-virgules – pour changer un peu – et cessons ces discours qui ne peuvent être qu’à finalité mercantile !

En gros, ça veut dire qu’il y en a, au moins un, qui pense que l’extrait suivant est raciste, attention censure donc :

« Sans toi, moi être mort… À présent, moi être ton esclave, ô Blanc généreux !…« 

Et beh dis donc, ça me fait penser à ce livre ci cette polémique.

Finem Spicere,

Monsieur Touki

*comme les tomes 2 à 9 inclus, ouais, ya que celui chez les Soviets qui n’a pas été colorisé.

Dans la même série :

Tome 03 : Tintin en Amérique

 

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Les témoins de la mariée, de Didier VAN CAUWELAERT

« Marc avait raison : cette fille est magique. MAGIQUE. Quand je pense que j’ai employé douze mille fois cet adjectif pour ce réfrigérateur moral qu’est Judith… Quel aveugle j’étais. Mais tant qu’on n’a connu qu’un seul amour sur terre, on ne sait pas ce qu’est le bonheur : on se contente de ce qu’on mange. Quitte à crever d’inanition quand on ne vous nourrit plus. »

Une belle surprise ! Souvenez-vous, quand j’évoquais L’Apparition de ce même auteur, j’étais un peu au comble du désarroi tant ce livre m’avait peu inspiré… cela étant, mon intuition me disait que Didier Van Truc avait un certain talent et que tout n’était pas à jeter ! Bon gré mal gré, mon portefeuille s’est entiché d’un nouvel ouvrage, au nom pourtant pas ultra vendeur, Les témoins de la mariée.

Bref, j’ouvre le livre et lis… « zut » me dis-je : c’est cool !! Prenant même, je tourne les pages…. [oui, c’est vrai que pour lire un livre, c’est mieux. Et oui, je devais au moins écrire un truc pas drôle].

L’histoire est peu commune, m’enfin, elle ne m’est jamais arrivée quoi : un monsieur plutôt connu de la jet set française, un photographe casanova richissime du prénom de Marc, annonce à ses meilleurs amis qu’il va se marier…. avec une chinoise, exceptionnelle, semblerait-t-il dire. Celle-ci arrive dans trois jours et ils doivent l’accueillir afin de la préparer au mariage. Monsieur marc demande à ses amis de bien vouloir être ses témoins….

Bref, tout ça c’est cool sauf que…. Monsieur Marc s’explose (et meurt) sur la route en mode Lady Diana mais version « au volant ».

Ses amis sont bien contents, une chinoise arrive, toute contente de se marier à un riche français et ils vont devoir lui annoncer la nouvelle, la renvoyer chez elle le lendemain… une mission on ne peut plus évidente.

Mais chose incroyable, cette chinoise va tout chambouler… oui, elle va perturber, faire vaciller, tomber voire même chavirer chacun des amis de Marc.

Un exemple certes trivial mais tout de même fondamentalement explicite d’un tel chavirement. Il s’agit du témoin prénommé Jean-Claude, narrateur pour l’occasion :

« J’ai beau ne pas être très grand, j’ai dû me tasser en écartant les jambes, ce qui n’était pas bien sexy ni vraiment confortable, mais renforçait l’impression de donner un cours magistral. Et, de fait, il y avait du travail.
J’ai commencé par lui suggérer de rentrer les dents. Pauvre Marc. Evidemment là où il était , ça n’avait plus trop d’importance mais j’avais un aperçu du calvaire que, stoïque et poli, cet homme aux mille et une femmes avait enduré en Chine. Cela dit, elle se corrigeait vite et révélait plutôt de bonnes dispositions, dès lors qu’on lui prodiguait certains conseils d’usage : on ne souffle pas comme dans un alcootest, et on n’accélère pas comme sur le guidon d’une mob. J’ai placé sa respiration, délié sa langue. Je l’ai remise dans l’axe, je lui ai donné le rythme avec la pression de mes doigts sur sa nuque ; je lui ai appris à réguler sa vitesse et à ménager le frein.
Après quelques derniers ajustements, et sur un ton aussi impersonnel que possible, je lui ai murmuré que Marc serait enchanté de ses progrès. »

Le ressenti mêle sourire, émotion lacrymale et avidité de lecture. Je peux simplement reprocher au scénario d’être parfois trop prévisible.

A vous de me dire. 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

Du même auteur

L’apparition

 

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Le vieil homme et la mer, d’Ernest HEMINGWAY

On s’en fout mais je le dis quand même, ce livre est MON livre. LE livre. Celui qui m’aura rendu amoureux. Amoureux de lire. Amoureux des mots. Amoureux des gens, de leur histoire. Un livre qui m’aura initié malgré lui, probablement, à la tolérance, à l’acceptation d’autrui, de ses souhaits, de ses aspirations, de son destin même peut-être.

Ce livre n’est pas un guide, il est le déclencheur. Quand, à 8 ans, je le lus pour la première fois, ma vie bascula, mon esprit chavira. Mon cerveau fit émerger une partie jusque là enfouie…. la curiosité, insatiable, inextinguible, inexpugnable et autres adjectifs à quatre syllabes.

Bref, ce livre, ce chef d’oeuvre, l’histoire d’un homme, un vieil homme même, et de sa vie, la mer.

« Il regarda la mer et sut comme il était seul. Mais il distinguait les prismes de l’eau sombre et profonde, et la ligne qui le tirait vers l’avant, et l’étrange ondulation du calme. Les nuages s’accumulaient maintenant sous le souffle de l’alizé, et quand il regarda droit devant il aperçut un vol de canards sauvages comme découpés contre le ciel et l’eau, puis s’effaçant, puis nets à nouveau et il sut qu’aucun homme n’était jamais seul sur la mer.« 

Un combat, avec un poisson, un gigantesque espadon.

« Si tu n’es pas fatigué, le poisson, dit-il fort, tu ne dois pas être ordinaire. »

Un combat cruel, une lutte respectueuse et humble : « Poisson, dit-il, je t’aime et je te respecte beaucoup. Mais je t’aurai tué avant que ce jour finisse« 

Je ne peux pas en dire plus. Je vous laisse découvrir par vous-mêmes les extraits suivants :

« Il vit d’abord une ombre très sombre qui prit si longtemps pour passer sous son bateau qu’il ne put en croire la longueur.

– Non, dit-il. Il ne peut pas être gros comme ça ?
Mais il était aussi gros que ça et lorsqu’à la finn du cercle il émergea à la surface à même pas trente mètres du bateau, il vit sa queue sortir de l’eau. Elle était plus haute qu’une grande lame de faux, et d’un bleu lavande au-dessus du bleu sombre de l’eau. Elle le suivait pendant qu’il nageait juste sous la surface et le vieil homme distinguait maintenant son énorme
volume, et les rayures mauves qui le zébraient. Il avait replié son épine dorsale, mais les nageoires pectorales étaient largement déployées. »

et la fin du combat :

« Alors le poisson eut un soubresaut de vie, avec la mort en lui, et s’éleva haut sur la mer, déployant toute son immense longueur, sa puissance massive et sa beauté. Il sembla suspendu en l’air au-dessus du vieil homme dans son canot. Puis il retomba dans la mer dans un écrasement qui renvoya son écume sur le vieux et remplit son canot. »

et ben non, le combat ne fait que commencer, éternel recommencement :

« Ils naviguaient bien, et le vieil homme laissait tremper ses mains dans l’eau salée et essayait de garder la tête claire. Il y avait de hauts cumulus, et assez de cirrus au-dessus d’eux pour qu’il sache que la brise durerait toute la nuit. Et tout le temps le vieil homme regardait le poisson, pour être sûr que c’était vrai. C’était une heure avant que le premier requin les attaque. »

Monsieur Hemingway, merci.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

Du même auteur :

Pour qui sonne le glas

 

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