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Archives de Tag: famille

Vue sur la mère, de Julien ALMENDROS

Vue sur la mère

 

« Ma mère a simplement demandé au proviseur d’exclure tous les fautifs et aurait bien volontiers veillé à titre personnel à ce que tous les complices soient envoyés dans des lycées différents. Aux quatre coins de la région. »

Un petit livre. Le récit d’une relation. Le récit d’une difficile émancipation.

Le ressenti d’un enfant, d’un adolescent puis d’un adulte, dans sa relation avec sa mère.

Un récit lourd de sens & chargé d’émotions divergentes : l’on sent que l’auteur n’est pas guéri de son histoire.

Chacun sera marqué différemment par ce livre. L’identification sera à des degrés différents. Personnellement, le décor imaginaire de ce récit se déroulait chez mes parents. Un écho fort donc mais, de façon surprenante, au son bien différent. Pas d’émotion particulière ressentie hormis l’empathie, un sentiment de déjà-vu.

A lire, pour ceux à qui ce petit livre permettra de se sentir moins seuls dans leurs rapports à leur mère.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

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Publié par le 19 mai 2017 dans Autobiographie

 

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L’amour commence en hiver, de Simon VAN BOOY

Voici l’une de mes dernières acquisitions, impulsive, après un coup de foudre pour la première de couverture (avouez, elle est classe 😀 )

Et bien, il est peu de dire que le coup de foudre n’a été qu’un pauvre mirage ! En effet, ce roman, le premier paru en France,  d’un écrivain anglais salué par la critique internationale, n’a pas réussi à m’accrocher… si bien que j’ai fini par décrocher totalement. 😦

Quelle déception !

Pourtant, je m’y suis repris à plusieurs fois mais l’énonciation sans cesse changeante, avant même de me perturber, me perd. Me voici à la 50ème page que je ne comprends toujours rien… me voici de nouveau à la 50ème page que je n’y comprends toujours rien…. OSEF ! #livrecontrelemur

Désolé pour cette critique finalement peu constructive, je retenterai peut-être ma chance… Quoique rien n’est moins sûr, je ne dépucelle qu’une fois… le plus sale des pléonasmes, n’est-il pas ! 😉

A lire tout de même, pour me montrer que je passe bien à côté du chef d’oeuvre tel qu’il est décrit.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Lettre au père, de Franz KAFKA

« A cette époque, ce n’était qu’un modeste début, mais ce sentiment de nullité qui s’empare si souvent de moi (sentiment qui peut être aussi noble et fécond sous d’autres rapports, il est vrai) tient pour beaucoup à ton influence. Il m’aurait fallu un peu d’encouragement, un peu de gentillesse, j’aurais eu besoin qu’on dégageât un peu mon chemin, au lieu de quoi tu me le bouches, dans l’intention louable, certes, de m’en faire prendre un autre. Mais à cet égard, je n’étais bon à rien. »

La relation que Kafka entretenait avec son père est au cœur même de sa vie. Commencer donc par cet ouvrage donnerait accès, d’après ce que j’ai lu, à l’ensemble de l’œuvre kafkaïenne.

Bon ok, ce livre est particulier. Le lecteur ne peut que finalement, en grande partie, se sentir étranger à ce qui est écrit, narré, dévidé.

Ce qui m’a personnellement le plus frappé est qu’au fil de cette lecture d’une seule traite, j’ai ressenti les différentes émotions qu’a pu éprouver Kafka à l’écrire. La sincérité transpire continuellement, la colère ou la hargne – sans succomber à la haine toute fois – transparaît à certains endroits. Le fatalisme également pointe son nez vers la fin. Kafka semble tout simplement blasé mais paradoxalement, absolument pas indifférent à ce qu’il écrit. Il souffre de cette relation, cela se ressent.

Il en est presque finalement, pour moi, gênant de lire une telle œuvre. Elle est une leçon d’expérience, une leçon de vie, à saisir en tant que telle.

Cette lettre ne sera pas envoyée à son père… fort en symbole, n’est-il pas ?

« Tu as aussi une façon particulièrement belle de sourire, silencieuse, paisible, bienveillante, – un sourire qui se manifestait rarement mais qui pouvait rendre très heureux s’il vous était destiné. Je ne me rappelle pas que tu me l’aies expressément accordé dans mon enfance, mais cela a bien dû se produire, pourquoi me l’aurais-tu refusé en ce temps-là, puisque tu me jugeais encore innocent et que j’étais ton grand espoir ? A la longue, d’ailleurs, ces impressions agréables n’ont pas eu d’autre résultat que d’accroître mon sentiment de culpabilité et de me rendre le monde encore plus incompréhensible. »

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Kramer contre Kramer, d’Avery CORMAN

Voici un livre que j’ai lu, de nuit, dans un train, dans une ambiance que vous imaginez. Eurk… 😉

Toujours est-il que sur les huit heures de train, ce livre m’aura rendu 3h30 de liberté. 3h30 d’une traite. 3h30 de sentiments et sensations divers. Entre émotion, effroi, analyse puis compréhension des différentes façons de penser des personnages.

L’histoire? Ma foi, peu banale : un couple, un enfant. La mère décide de vivre sa vie, de divorcer et de laisser son (désormais) ex-mari élever leur fils. Puis, après quelques temps, elle décide de réapparaître dans leurs vies et de reprendre son rôle de mère. Vous imaginez la suite, joyeuse et sans prise de tête. 😀

L’intérêt premier de ce livre est selon moi, de comprendre. Comprendre ce qu’il se passe. L’analyser objectivement. Eviter le jugement, si difficile cela soit-il.

Ce livre a été le fruit de nombreuses adaptations, qu’elles soient théâtrales ou cinématographiques. Je pense que le livre, bien que traduit de l’américain, apporte une dimension supplémentaire, la visualisation de son propre univers imaginaire.

A vous de me dire ce que vous en pensez, que vous ayez lu le livre, vu le film ou autres représentations théâtrales homonymes. 🙂

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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Les Demeurées, de Jeanne BENAMEUR

Jeanne Benameur est un auteur contemporain, elle a la cinquantaine et possède un style d’écriture intéressant : tout en poésie, elle crée une atmosphère personnelle en transcendant la signification des mots. L’indescriptible est décrit, ressenti. « Oui, mais nombre d’auteurs ont ce don !! » auriez-vous envie de justement me faire remarquer…. Oui, mais, le plus souvent, le roman se charge de vous entraîner dans le flot de l’imaginaire créé ; ici, le résultat est le même, en quelques phrases, courtes de surcroît.

Seul le calme est requis pour la lecture de ce livre ou, à tout le moins, pour recueillir et vivre la force poétique dans son ensemble.

L’histoire : Une dame, La Varienne, et sa fille de 5-6 ans, Luce, vivent toutes les deux, marginalement, dans un silence verbal éloquent. En somme, elles sont communément « abruties », « ignorantes » ou encore, et c’est le titre, « demeurées ». Vient le jour où Mlle Solange, l’institutrice de l’école voisine ose mettre son petit grain de sel dans leur monde, afin d’éduquer, gros mot s’il en est, la petite Luce… Quelle affaire !! Bon courage a-t-on envie de lui dire et il est peu de dire qu’il lui en faudra, pour comprendre le fonctionnement d’un microcosme jusque là ignoré, méprisé, incompris et donc rejeté.

Comment, en quelques lignes, décrire une relation silencieuse, où les mots n’ont pas leur place ? Ci-dessous, une démonstration façon Benameur :

« Des mots charriés dans les veines. Les sons se hissent, trébuchent, tombent derrière la lèvre. Abrutie. Les eaux usées glissent du seau, éclaboussent. La conscience est pauvre. La main s’essuie au tablier de toile grossière. Abrutie. Les mots n’ont pas lieu d’être, ils sont. »

« Cette nuit-là l’obscurité les gagne. Il y a dans le monde des amours qui ne reflètent rien, des amours opaques. Jamais l’abandon ne trouverait de mot pour guider leur coeur. Derrière leurs paupières closes, leurs yeux sont grands ouverts, ne cherchent rien. Ni route, ni chemin ne parviennent jusqu’à elles. Elles sont égarées dans le présent du grand lit, immobiles. Aucune image, aucune pensée ne les mène jusqu’à demain. Tout entières présentes, comme tombées de si haut que leur poids s’est multiplié jusqu’au vertige. Trop lourdes pour la vie. Abruties, demeurées dans la nuit. »

Qu’en dites-vous? 🙂 Suffisant pour avoir envie de le lire et ressentir ce que j’ai décrit?

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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