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Archives de Tag: grammaire

L’Orthographe est un jeu, de Nicole RICALENS-POURCHOT

 

Après le Kamasutra, l’Orthographe ! Si vous me disiez un jovial « mais rien à voir ! » je vous répondrais, d’un ton à peine malicieux, « bah si, ça s’apprend à l’école ! ». Une minute après, vous auriez déguerpi, certes…

BREF, l’Orthographe. Mais oui que c’est un jeu. L’orthographe est, avouons-le, un peu chiantounette, avec beaucoup d’exceptions, d’incohérences, de résidus d’ignorance… mais elle n’en demeure pas moins source de jeux incroyables.

« C’est le pompon ! Certains mots se permettent des extravagances en renonçant au m devant b, p et m. »

Ainsi à travers 50 jeux disséminés dans 12 chapitres, la linguiste au nom composé prédestiné, Nicole Ricalens-Pourchot, vous emmène dans la cour de récré. Et pourquoi ci? Et pourquoi pas comme ça ?

Ainsi vous aurez tout loisir à trouver la solution de problèmes plus complexes les uns que les autres :

Exemple : jeu FOUILLIS, remettez le mot dans l’ordre

a) SUNCCITC : bref. (j’y réfléchis encore aujourd’hui)

b) DRAIRHERE : colique (mon imagination s’y refuse même si a) 😉 )

… et plein d’autres encore plus insolubles.

Vous l’aurez compris, en tant qu’amateur de jeux de mots bidons à défauts d’être bidonnants, j’ai beaucoup apprécié ce livre simple, accessible et toujours instructif.

Un chouette moment pour 3€ que l’on peut, en plus, partager aisément avec autrui.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

 

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Publié par le 17 juillet 2013 dans "Est un jeu", Inter nos, Les collections

 

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La grammaire est une chanson douce, d’Erik ORSENNA

« Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t’aime. Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps. Il me sembla qu’elle nous souriait, la petite phrase. Il me sembla qu’elle nous parlait :
– Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j’ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
– Allons, allons, Je t’aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pieds.
Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi. Tout le monde dit et répète « Je t’aime ». Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s’usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. »

Quel génie !

Mais quel génie !

Je suis subjectif certes, j’aime les mots, je vis à travers eux, ils me font vibrer et ressentir tellement de ce que j’appellerais « choses » que je ne peux pas ne pas conseiller, à tout va, ce livre.

Mais quel génie !

« C’est trop bien, c’est trop bien, c’est trop bien », voilà ce que je me suis répété, en lisant, avidement, certains chapitres…. La métaphore filée des mots est exceptionnelle et même l’histoire faiblarde ne peut occulter le plaisir ressenti. Les amoureux des lettres, des mots, de leur sens, de leur harmonie, de leur mélodie…. vous adorerez ce livre, du moins de certains passages.

Quelle est donc l’histoire??

Jeanne et Thomas se retrouvent, après un naufrage, sur une île. Ils font la connaissance de Monsieur Henri qui leur présente les mots. Tous les genres de mots. Une véritable communauté. L’île des Mots. S’ensuivent des rencontres incroyables, des gentils quoique collants adjectifs aux prétentieux pronoms en passant par les hôpitaux à la rencontre et au soutien des « je t’aime » et autres expressions meurtries. L’apprentissage de la grammaire en est favorisé, loin des méthodes scientifiques, loin de l’académisme… loin des grammairiens.

Oui, Orsenna, académicien, fait la satire de sa propre maison tout en partageant son plaisir inextinguible, celui de la mixture verbale, de la manipulation des lettres.

Les noms et les articles se promènent ensemble, du matin au soir. Et du matin jusqu’au soir, leur occupation favorite est de trouver des habits ou des déguisements. A croire qu’ils se sentent tout nus, à marcher comme ça dans les rues. Peut-être qu’ils ont froid, même sous le soleil. Alors ils passent leur temps dans les magasins. Les magasins sont tenus par la tribu des adjectifs. (…)
Le nom féminin « maison » pousse la porte précédé de « la », son article à clochette.
-Bonjour, je me trouve un peu simple, j’aimerais m’étoffer.
-Nous avons tout ce qu’il vous faut dans nos rayons, dit le directeur en se frottant déjà les mains à l’idée de la bonne affaire.
Le nom « maison commence ses essayages. Que de perplexité! Comme la décision est difficile! Cet adjectif-là plutôt que celui-ci? La maison se tâte. Le choix est si vaste. Maison « bleue », maison « haute », maison « fortifiée », maison « alsacienne », maison « familiale », maison « fleurie »? Les adjectifs tournent autour de la maison cliente avec des mines de séducteurs, pour se faire adopter. Après deux heures de cette drôle de danse, la maison ressortit avec le qualificatif qui lui plaisait le mieux : « hantée ».

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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