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Archives de Tag: seconde guerre mondiale

Silbermann, de Jacques de LACRETELLE

« Il avait été deux fois premier lors des compositions. Ce succès avait suscité des jalousies parmi les rangs des bons élèves. Et comme il lui échappait quelquefois une ironie méprisante à l’adresse des cancres, il n’y avait pas moins d’animosité contre lui aux autres degrés de la classe. Les choses commencèrent par des taquineries assez innocentes; elles furent un peu encouragées par l’insouciance de la plupart de nos professeurs qui, malgré ses bonnes places, n’aimaient pas Silbermann.« 

Un superbe livre pour de multiples ressentis.

Silbermann est juif et le narrateur, protestant. Nous sommes au début du vingtième siècle : leur amitié est difficile mais point inéluctablement.

J’en ai connu des Silbermann, version cancre. Beaucoup. Un m’a marqué. Ce livre m’y a paradoxalement fait penser.

J’étais en 4ème (système français) et il y en avait un, qui faisait tout pour bien se faire voir mais qui, en raison de quelques boulettes de comportement, était un véritable bouc-émissaire. Le cercle vicieux de l’injustice aidant, il commençait vraiment à déraper…

Je tenais à ce moment-là, attention, accrochez-vous, le CLUB LECTURE de mon collège qui, en gros, choisissait les livres que la bibliothèque (CDI) devait acheter. Nous étions un petit groupe et chaque semaine nous présentions à l’oral et à l’écrit nos lectures de la semaine… Je l’ai convié à plusieurs séances… et il a fini par venir tous les jours. A la fin de l’année, il était devenu mon second. il passait plus de temps au Club lecture qu’ailleurs… Le plus grand paradoxe de cette histoire ? Sa réputation n’a pas faibli d’un poil. Mais lui, allait mieux et c’est bien là l’essentiel.

Un livre fort car bon, nous avons tous connu notre Silbermann.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

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Si c’est un homme, de Primo LEVI

Certes, Ce livre est hyper connu, hyper lu et même hypermarché euh non, a hypermarché…. euh non, toujours pas, ‘fin bref, vous avez compris.

Certes, ce livre vous a bouleversé.

Certes, ce livre ou plutôt, son auteur, a une histoire et un destin tragique.

Certes, il est fortement conseillé d’avoir un poil de moral pour le lire.

MAIS QUE CE LIVRE EST EXCELLENT !!

Je n’ai pas besoin me semble-t-il de chercher de passages, de citations : tout peut être pris comme tel, dans son ensemble.

L’émotion est grande, mélange de curiosité et d’incrédulité. Les mots sont inutiles… la critique également.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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La Vague, de Todd STRASSER

« J’étais là quand tout a commencé. L’idée, c’était de nous montrer comment l’Allemagne nazie avait pu voir le jour. Le but, ce n’était évidemment pas de faire de nous des petits nazis. Mais de… de… »

Transformer une salle de classe en une bande de petits nazis… c’est fastoche !! Suffit d’avoir une règle en bois qui claque bien sur le bureau, une voix grave, une cravate pour faire sévère ou sérieux et un tout petit grain de folie. Ben Ross, le prof d’histoire a un peu de tout ça et ce qu’il se passe dans sa classe devient vite proprement incroyable. Y croire serait difficile si cela n’était pas le récit romancé d’une histoire vraie…

Que ressentir en lisant ce livre? Ma foi, pas grand chose, sinon une très grande facilité de lecture, presque un sentiment d’avoir affaire à un livre très moyen. Peu de puissance dans les mots mais une réelle force dans le scénario… dommage, j’aurais bien aimé un grand écrivain pour conter cette histoire…

A lire donc, vite, mais à lire.

A votre ressenti !!!

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 
 

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Paroles, de Jacques PREVERT

Un peu de poésie, un soupçon de sensibilité en somme, pour apaiser des esprits abîmés, usés, fatigués… La poésie de Prévert, je ne la connais qu’à travers cette oeuvre mais bon dieu, qu’elle est belle. Vraiment, qu’elle est belle. 🙂

Par « belle », je ne m’arrête pas sur l’esthétisme mais sur cet état du corps qui fait poindre tout naturellement un sourire. Un sourire incontrôlé, une esquisse de joie, une montée de satisfaction interne, un épiderme soudain très sensible, le nez parcouru de douces démangeaisons, des lèvres qui finissent par s’humidifier… voilà ce que je ressens en lisant Paroles.

En outre, mon édition est plutôt usée et sent bon la poussière… c’est peut-être, me direz-vous, cette odeur qui provoque des démangeaisons dans mon nez… mais là, vous briseriez tout ma fantasmagorie !

Sur les 95 poèmes de ce recueil, en voici un qui a retenu mon attention et qu’il me fait plaisir de partager… son nom m’est évocateur de je ne sais quoi, certes, mais il l’évoque quand même :

Chanson des escargots qui vont à l’enterrement

A l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s’en vont dans le noir
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L’autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C’est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l’oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C’est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l’été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C’est un très joli soir
Un joli soir d’été
Et les deux escargots
S’en retournent chez eux
Ils s’en vont très émus
Ils s’en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

Finem Spicere,

Monsieur Touki.

 

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